Dans un contexte économique marqué par l’instabilité et l’incertitude, les parcours professionnels évoluent à un rythme soutenu. Selon une étude récente menée par LHH, le retour à l’emploi salarié connaît une nette progression, représentant désormais 55,6 % des transitions professionnelles au second semestre 2025, contre 50,8 % à la première moitié de 2024. Cette croissance de près de cinq points en deux ans témoigne d’un changement de cap à l’échelle structurelle, les individus préférant aujourd’hui des trajectoires plus sécurisées face aux risques liés aux marchés et aux incertitudes géopolitiques.
Face à cette tendance, les chiffres montrent une diminution progressive des initiatives entrepreneuriales et de formation longue, qui reculent respectivement à 21,4 % et 17,0 %. Parallèlement, la création d’entreprise voit ses délais moyens se réduire, passant de 9,7 à 8,2 mois, ce qui indique une certaine précipitation et un moindre attrait pour l’entrepreneuriat dans le contexte actuel. Les dispositifs de fin de carrière, eux aussi, sont en déclin, avec un recul de 13,7 à 11,9 mois. Michaël Chambon, spécialiste des transitions de carrière chez LHH, souligne que : « Les retours à l’emploi sont nombreux, mais les trajectoires deviennent plus contrastées : les délais de reclassement s’allongent, tandis que les entreprises ciblent davantage des profils « prêts à l’emploi », allongeant le temps de sélection pour une partie des candidats. »
Le marché du travail se recompose sous la pression d’un environnement plus exigeant, où la priorité est donnée à la stabilité et à la sécurité professionnelle.
Malgré ces changements, le recours aux parcours de formation longue, d’environ 4,5 mois en moyenne, demeure stable mais moins attractif en période d’incertitude. La durée moyenne de reclassement, quant à elle, atteint désormais 7,6 mois au second semestre 2025, en hausse par rapport à 6,5 mois un an plus tôt, reflet d’un durcissement des processus de recrutement. Cette orientation plus prudente des entreprises se traduit par une sélection plus rigoureuse, exigeant des profils immédiatement opérationnels et renforçant le pouvoir de sélection des employeurs sur le marché de l’emploi.
Les profils des candidats en transition évoluent également, avec une forte augmentation de la représentativité des cadres, qui passent à 47,7 %, contre 36,8 % début 2024. Leur expertise en gestion de projet, analyse ou leadership leur confère un avantage compétitif notable, facilitant leur mobilité. En revanche, la part des ouvriers en parcours de retour à l’emploi diminue fortement, passant de 21,7 % à 13,2 %, illustrant des inégalités croissantes dans l’accès à la stabilité professionnelle. Sur le plan sectoriel, l’industrie demeure le secteur majoritaire, représentant 30 % des retours, suivi par le commerce à 19,1 %, tandis que la santé et l’action sociale gagnent du terrain. La finance et la technologie, en revanche, voient leur influence diminuer, soulignant une recomposition continue du marché du travail. Pour les professionnels des Ressources Humaines, cela implique de renforcer la sécurisation des parcours tout en développant une employabilité durable, afin de répondre à cette nouvelle donne où le salariat redevient une option privilégiée.
