La récente vague d’engouement pour l’intelligence artificielle a donné naissance à un mascotte inattendue : un homard. Clawdbot, un assistant AI personnel, a rapidement gagné en popularité après son lancement, devenant viral en quelques semaines. Malgré un changement de nom en raison d’un litige avec Anthropic, il conserve son thème crustacé, désormais sous le nom de Moltbot. Mais avant de vous lancer dans l’aventure, voici ce qu’il faut savoir sur ce projet qui fait parler de lui.
Selon son slogan, Moltbot (anciennement Clawdbot) est « l’IA qui fait vraiment des choses » — qu’il s’agisse de gérer votre calendrier, d’envoyer des messages via vos applications favorites ou de vous enregistrer pour des vols. Cette promesse a attiré des milliers d’utilisateurs prêts à relever le défi technique nécessaire pour l’installer, malgré ses origines modestes : il s’agit d’un projet personnel développé par un seul programmeur pour un usage privé, devenu depuis une plateforme open source. Le créateur, Peter Steinberger, un développeur autrichien connu en ligne sous le nom de @steipete, a expliqué sur son blog qu’après une période de pause de trois ans consacrée à d’autres projets, il a retrouvé sa source d’inspiration avec Moltbot.
Ce qui caractérise Moltbot, c’est qu’il dérive d’un outil que Steinberger avait créé pour lui-même, baptisé « Molty », afin de mieux gérer sa vie numérique et d’explorer la collaboration humain-AI. Son nom initial, Clawd, était une référence à Claude, le produit phare d’Anthropic, mais ce dernier a dû y voir une problématique juridique et a contraint Steinberger à changer de nom, ce qu’il a fait en adoptant Moltbot. L’assistant conserve néanmoins « l’âme du homard » qui lui vaut son attrait particulier. La réactivité de la communauté a été immédiate : en un temps record, Moltbot a récolté plus de 44 200 étoiles sur GitHub, preuve de son engouement.
« Moltbot incarne le futur des assistants AI personnels, alliant utilité et collaboration, tout en soulevant des questions cruciales de sécurité. »
Ce phénomène a même eu un impact sur les marchés financiers : l’action de Cloudflare a bondi de 14 % lors de la négociation préouverture, les développeurs utilisant Moltbot sur leurs appareils locaux rappelant l’importance de cette infrastructure pour la viralité du projet. Cependant, la popularité grandissante de Moltbot soulève aussi des questions de sécurité, notamment en raison de la nature même d’un assistant capable d’exécuter des commandes sur un ordinateur. La plateforme étant open source et fonctionnant localement, elle offre des garanties en termes de transparence, mais comporte aussi des risques liés aux injections de prompts malveillants.
Comment sécuriser un tel outil ? Certains experts, comme Rahul Sood, soulignent que le risque principal réside dans la possibilité pour des acteurs malveillants d’envoyer des messages contenant des instructions compromettantes. La mise en place de précautions telles que l’exécution en silo ou l’utilisation de serveurs privés virtuels (VPS) devient alors essentielle. Steinberger lui-même a été confronté à des escroqueries en ligne liées à son nom, illustrant la vigilance que doit avoir quiconque souhaite expérimenter avec ces assistants avancés. Si vous souhaitez tester Moltbot, il est conseillé de commencer par un environnement sécurisé, séparé de vos clés personnelles ou de vos comptes sensibles.
En définitive, alors que Moltbot est encore en phase d’adoption précoce, il symbolise une avancée significative : celle d’un IA autonome capable d’être réellement utile plutôt que simplement impressionnante. Steinberger a démontré qu’en construisant un outil pour ses propres besoins, il a ouvert la voie à une nouvelle génération d’agents AI personnels, capables d’assister concrètement dans la gestion de nos vies numériques. La route est encore semée d’obstacles, notamment en matière de sécurité, mais le potentiel est là : faire de la collaboration homme-machine une réalité tangible.
