Street Fighter II – Une faute d’orthographe corrigée grâce au mollet de Guile – Korben

Dans l’univers des jeux d’arcade, certains détails techniques restent méconnus du grand public mais révèlent souvent des histoires étonnantes. C’est le cas de Street Fighter II, un des jeux de baston emblématiques de Capcom sorti en 1991, qui affichait sur ses écrans d’arcade la inscription “WORLD WARRIER” au lieu de “WORLD WARRIOR”. Un défaut qui, jusqu’à récemment, semblait impossible à corriger en raison des contraintes techniques liées aux puces ROM utilisées à l’époque.

En effet, les graphismes de cette version de Street Fighter II étaient gravés dans des puces ROM, un véritable stockage en lecture seule. Modifier ces puces impliquait de repasser par un processus coûteux et long, incompatible avec la rapidité d’une correction avant la deadline. À seulement trois jours de la livraison, l’équipe de Capcom s’est retrouvée face à un problème critique : comment changer le mot “WARRIOR” en “WARRIER” sans pouvoir rééditer les puces ?

La solution est venue d’une approche ingénieuse et artisanale. L’équipe a analysé chaque tile graphique, ces petits carrés de 8×8 pixels composant les images, et a compris que le mot était formé par une mosaïque de tile, chacune contenant un fragment d’une ou plusieurs lettres. En réarrangeant ces tiles existants, ils ont réussi à récréer le mot “WARRIOR” presque parfaitement, mais il manquait encore un détail crucial : le point du “i”.

Finalement, un pixel représentant le mollet de Guile a été détourné pour former le point du “i”, une improvisation ingénieuse qui est restée invisible pendant des décennies.

Ce n’est qu’après des années que Fabien Sanglard a dévoilé cette histoire, mettant en lumière cette bidouille digne des plus grands exploits de hacking. Le pixel utilisé était en réalité une partie du mollet de Guile, intégré dans le logo en changeant simplement la palette de couleurs. En répétant cette petite astuce trois fois, l’équipe a réussi à corriger une erreur graphique sans reprogrammer la ROM, une prouesse technique à la limite de l’ingéniosité dans le contexte des limitations matérielles de l’époque.

Cette anecdote illustre à merveille la créativité et la patience des ingénieurs du début des années 90, confrontés à des contraintes techniques parfois insurmontables. Aujourd’hui, avec les mises à jour en ligne, de telles manipulations sont devenues obsolètes, mais cette histoire reste une preuve que parfois, le génie naît dans la contrainte et la débrouillardise. Si vous avez joué à Street Fighter II dans les salles d’arcade durant cette période, vous avez en fait un fragment de la jambe de Guile planqué dans votre écran sans le savoir !

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