Chaque année, les entreprises françaises de plus de 50 salariés doivent calculer et publier leur index de l’égalité femmes-hommes, un indicateur clé permettant d’évaluer les avancées vers l’égalité au sein des organisations. En 2026, la note moyenne déclarée par les entreprises demeure stable à 88,5 sur 100, une valeur qui témoigne d’une progression notable depuis 2020, où elle n’était que de 84. Le ministère du Travail souligne que cette stabilisation s’inscrit à un « haut niveau », avec 93% des sociétés affichant une note supérieure ou égale à 75/100, une proportion qui n’a que légèrement varié par rapport aux années précédentes. Cependant, la législation souligne également que seulement 2% des entreprises atteignent la note maximale de 100, indiquant qu’un large potentiel d’amélioration subsiste pour réduire davantage ces écarts.
Ce dispositif, instauré en 2019, se fonde sur cinq critères : l’écart de rémunération (40 points), celui dans les augmentations annuelles (20 points), les différences dans les promotions (15 points), les augmentations suite au congé maternité (15 points) ainsi que la proportion de femmes dans les dix plus gros salaires (10 points). Selon les dernières données, ces critères montrent encore un fossé à combler. Par exemple, l’écart de rémunération entre femmes et hommes dans le privé s’établissait en 2024 à 21,8% en moyenne, ou 14% à temps de travail équivalent, selon l’Insee.
Malgré une évolution continue, il reste encore beaucoup de progrès à faire pour garantir une représentation équilibrée des femmes dans les postes de direction, avec notamment seulement 54% des entreprises concernées ayant plus de 30% de femmes parmi leurs cadres dirigeants en 2026.
Par ailleurs, la loi Rixain, adoptée en 2021, impose depuis le 1er mars une représentation minimale de 30% de femmes dans les instances de direction des entreprises de plus de 1 000 salariés. Ce quota devra être porté à 40% en mars 2029, sous peine de sanctions financières. À cette date, 54% des entreprises déclarantes disposent d’au moins 30% de femmes dans leurs postes de cadres dirigeants, et 68% proposent une présence féminine supérieure à ce seuil dans leurs instances dirigeantes, selon les données officielles. Le président du Medef, Patrick Martin, considère qu’atteindre cet objectif de 40% en 2029 est « atteignable », tout en soulignant que certains secteurs comme la sidérurgie ou l’industrie cimentière rencontreront davantage de difficultés.
En conclusion, si des avancées significatives ont été enregistrées ces dernières années, notamment au niveau de la représentation et de l’égalité salariale, le constat demeure que le chemin vers une égalité totale reste encore semé d’obstacles. La progression continue doit être soutenue par des politiques publiques et une volonté accrue des entreprises pour réduire ces écarts. La prochaine étape, avec la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale, devrait renforcer encore davantage ces enjeux, permettant peut-être d’atteindre l’objectif d’une véritable égalité dans un avenir proche.
