Une récente enquête menée par Digiformag en partenariat avec OF Connect met en lumière la détresse psychologique qui ronge le secteur de la formation professionnelle. Interrogeant 600 professionnels, dont des formateurs, dirigeants d’organismes de formation (OF) et responsables de formation, l’étude révèle une crise silencieuse mais alarmante sous ses allures de passion pour le métier. Si l’engagement demeure, le carburant essentiel — la motivation et la santé mentale — commence à s’épuiser, menaçant l’avenir de ce secteur clé de la transmission des compétences.
Les chiffres le confirment : 68,4 % des professionnels ressentent du stress au moins une fois par semaine, et plus de 35 % le vivent quotidiennement. Ce stress chronique impacte leur bien-être, puisque seulement 37 % le jugent “bon”, tandis qu près de 30 % le considèrent “mauvais” ou “moyen”. La fatigue persiste dans un contexte caractérisé par un « triangle de la fatigue » : audits, réglementation et administration. Ces trois éléments pèsent lourdement sur leur quotidien, reléguant souvent la pédagogie au second plan.
Le système actuel, saturé par la conformité et l’administratif, atteint ses limites humaines et met en danger l’avenir même de la formation.
Les résultats de l’enquête illustrent également l’impact tangible sur la santé mentale des acteurs : 67,4 % souffrent d’une fatigue mentale notable, 59 % perdent de la motivation, et 49,4 % ressentent un épuisement professionnel. Par ailleurs, cette détresse n’est pas confinée aux bureaux : 71 % des répondants déclarent que leur vie personnelle est fortement affectée par leur travail, accentuant le risque de dégradation du bien-être global.
Face à ce constat alarmant, une question cruciale se pose : vers une fuite des talents ? Près de la moitié des professionnels (46,6 %) ont déjà envisagé de quitter le secteur en raison du stress ou de la charge mentale. La survie du secteur de la formation repose désormais sur des leviers concrets, notamment la réduction de la charge administrative (plébiscitée par 67,9 %) et une meilleure rémunération (46,8 %). Sans mesures adaptées, la pérennité de la formation professionnelle pourrait être compromise, fragilisant un secteur vital pour le développement social et économique.
Malgré ces difficultés, la solidarité demeure une lueur d’espoir. Les professionnels se sentent soutenus par leurs proches (note de 7,5/10) et leurs collègues (6,5/10), mais regrettent une reconnaissance insuffisante de la part de leurs supérieurs et des donneurs d’ordres (5,9/10). La crise actuelle met en évidence l’urgence de repenser la gestion humaine dans la formation, en privilégiant la qualité de vie des acteurs plutôt que la simple conformité réglementaire. Pour que la formation continue à remplir son rôle essentiel, il est impératif que les instances régulatrices et les dirigeants prennent conscience que former, c’est aussi préserver ceux qui transmettent.
