Le marché du travail connaît une diminution significative de l’intention de changement d’emploi parmi les professionnels. Selon une étude récente menée par Robert Half, en 2023, plus de la moitié des travailleurs (53 %) envisageaient de changer d’emploi à court terme, c’est-à-dire dans les six prochains mois. Cependant, cette proportion a chuté à 38 % en 2026, marquant une baisse de 15 points en seulement trois ans. Ce recul traduit une montée de la prudence face à un environnement économique incertain, où tensions et hausse du chômage incitent les candidats à sécuriser leur trajectoire professionnelle.
La volonté de reconversion ou de refonte de carrière a également connu un déclin notable. En 2023, 27 % des répondants envisageaient un changement de cap, contre seulement 17 % en 2026, soit une réduction de 10 points. Malgré ce ralentissement de la mobilité volontaire, le marché du recrutement reste dynamique. Près de 34 % des salariés ont été régulièrement contactés par des recruteurs, témoignant de la poursuite des investissements des entreprises pour attirer et acquérir de nouvelles compétences. Toutefois, le marché s’individualise davantage : 54 % des 18-34 ans restent ouverts à changer d’emploi, contre seulement 24 % des 45-65 ans, et les hommes sont également plus enclins à envisager une mobilité que les femmes (46 % contre 31 %).
« Le marché du recrutement évolue, mais les candidats deviennent plus exigeants, privilégiant la qualité de vie, la flexibilité et le sens du travail. »
Les sollicitations des recruteurs suivent cette tendance, avec 55 % des jeunes professionnels récemment contactés, contre 19 % des seniors. Les hommes, quant à eux, sont plus souvent sollicités que les femmes, à hauteur de 43 % contre 23 %. Ce contexte indique que, si la mobilité se fait plus rare, elle reste une stratégie importante pour certains segments de la population active, notamment les jeunes et les hommes. Par ailleurs, les attentes professionnelles évoluent rapidement, redéfinissant les critères d’attractivité des entreprises.
Les nouvelles attentes des candidats en 2026 mettent en avant la nécessité d’offrir un équilibre entre vie professionnelle et personnelle, qui s’impose désormais comme une priorité pour 59 % des répondants. Si le salaire demeure un levier important, il passe désormais en seconde position, cité par environ 55 %. Les attentes se tournent aussi vers le sens du travail, avec 46 % recherchant des missions alignées sur leurs valeurs, et 34 % désirant des perspectives d’évolution. La recherche de responsabilités, de reconnaissance, ainsi qu’une meilleure qualité de management deviennent incontournables dans l’attractivité des entreprises.
Confrontées à ces transformations, les ressources humaines doivent repenser leur approche du recrutement. “Le package salarial ne suffit plus pour attirer les talents, dont les exigences ont évolué : équilibre, flexibilité, sens et développement personnel ont désormais plus d’impact que le seul aspect financier,” souligne Matthieu Imbert-Bouchard, Directeur Général de Robert Half France. Construire une expérience collaborateur complète, en misant sur le contenu des missions, la flexibilité horaire ou encore le dessein de l’entreprise, apparaît comme la nouvelle stratégie pour attirer et retenir les meilleurs profils.
