Alors que la plupart des débats autour de la conduite autonome portent sur les voitures et leur capacité à gérer des situations complexes en temps réel, le domaine de l’aviation montre une avancée remarquable avec l’utilisation de systèmes entièrement autonomes. Le 20 décembre dernier, un incident impliquant un Beechcraft King Air 200 a mis en lumière une capacité jusqu’ici peu exploitée : un avion à gestion automatisée a réussi à se poser seul et en toute sécurité, lors d’une urgence en plein vol au-dessus du Colorado.
Ce jour-là, lors du vol reliant Aspen à l’aéroport Rocky Mountain Metropolitan, une défaillance de la pression cabine a obligé l’équipage à enfiler des masques à oxygène. Face à cette situation critique, le système Garmin Autoland s’est automatiquement activé, prenant en charge toutes les opérations, allant de la descente à l’atterrissage, sans intervention humaine, et ce malgré l’absence de réaction de l’équipage. L’avion a ainsi effectué une approche en mode automatique, puis s’est posé en toute autonomie, sous la surveillance de la tour de contrôle, qui a été informée par une communication robotisée.
C’est la première fois, depuis sa certification en 2020, que le système Garmin Autoland est utilisé dans une véritable situation d’urgence, prouvant qu’en matière de sécurité, faire confiance à l’intelligence artificielle peut parfois dépasser la capacité humaine.
Le système Garmin Autoland, qui a reçu le prestigieux Robert J. Collier Trophy en 2020, représente une avancée majeure dans l’aéronautique. Capable d’évaluer la situation et de choisir automatiquement l’aéroport le plus adapté en se basant sur plusieurs critères (distance, météo, capacité de la piste…), il prend en charge toutes les phases critiques du vol, y compris la communication avec la tour, la navigation, la descente, l’approche, l’atterrissage et même le freinage une fois à terre. Plus d’un millier d’avions, tels que le Cirrus Vision Jet ou le Piper M600, sont déjà équipés de cette technologie, qui pourrait redéfinir les standards de sécurité dans le secteur aéronautique.
La confiance donnée à cette technologie dans une situation aussi critique soulève toutefois des questions quant à ses causes exactes et à l’origine de la dépressurisation. Une enquête est en cours pour déterminer ce qui a provoqué cette défaillance. Cependant, cet exploit témoigne d’un tournant décisif : l’automatisation complète en contexte d’urgence peut désormais surpasser l’intervention humaine, ou du moins l’assister de façon inédite.
