Le 13 janvier 2026, une tribune inédite met en avant une approche innovante pour accompagner la transformation économique et écologique. Signée par deux chercheurs, Sandro De Gasparo et Romain Demissy, cette proposition souligne l’urgence de repenser nos modèles de développement en privilégiant ce qu’ils nomment les « ressources immatérielles ». À l’heure où la crise climatique impose des adaptations profondes, ces experts appellent à investir dans la sphère intangible, souvent négligée, mais essentielle à la construction d’une économie plus respectueuse de l’environnement et des êtres humains.
Cette vision s’appuie sur une rencontre entre disciplines : d’un côté, l’ergonomie du travail de Sandro De Gasparo, de l’autre, l’économie de Romain Demissy, sous l’impulsion de l’intuition de Pierre Caspar, décédé en 2020, ingénieur et sociologue. Leur collaboration a permis d’élaborer des propositions concrètes à l’attention des organisations et des acteurs de la formation professionnelle. L’objectif est clair : à travers l’investissement dans les ressources immatérielles, il devient possible de déclencher un changement de paradigme économique, un passage d’un modèle basé sur la matière et la consommation à un modèle plus intangible, orienté vers le développement humain et environnemental.
Il s’agit de conduire une transition en douceur, en évitant les ruptures brutales et en favorisant une adaptation progressive des systèmes économiques et sociaux.
Le contexte actuel est marqué par la diffusion massive de l’intelligence artificielle, qui bouleverse le discours institutionnel. Plutôt que de parler de disparition ou de crise, ces experts prônent une approche de « transformation », où chaque secteur doit s’appuyer sur ses ressources immatérielles : capital humain, savoir-faire, relations sociales, données, etc. Cela implique pour les organisations une refonte de leur manière de penser, d’investir, mais aussi de former leurs collaborateurs pour accompagner ce changement de façon durable et équilibrée. La formation, en particulier, doit évoluer pour mieux valoriser ces ressources immatérielles, en mettant l’accent sur les compétences transversales, la créativité et la responsabilité écologique.
Ce repositionnement autour des ressources immatérielles n’est pas simplement une innovation théorique, mais une nécessité pratique face aux enjeux écologiques. Il s’agit d’inscrire la croissance dans une dynamique respectueuse de l’environnement en favorisant l’économie collaborative, le numérique responsable et la valorisation des savoirs tacites. La proposition appelle ainsi à une rupture avec un paradigme fondé sur l’extraction et la surconsommation, pour privilégier une économie circulaire et durable, centrée sur l’humain dans toutes ses dimensions.
