Le sujet de l’intelligence artificielle et des robots dans le secteur de la santé est largement médiatisé, mais un problème bien plus actuel et coûteux pour les hôpitaux demeure souvent sous-estimé : la coordination des salles d’opération. Selon une récente discussion sur le podcast TechCrunch Equity, chaque jour, entre deux à quatre heures de temps d’opération sont perdus non pas à cause des interventions chirurgicales elles-mêmes, mais en raison de divers dysfonctionnements en amont et en aval, comme la planification manuelle, l’organisation chaotique et l’incertitude concernant le temps de renouvellement des salles.
Conor McGinn, co-fondateur et CEO d’Akara, une startup innovante qui a récemment été sélectionnée parmi les “Meilleures Inventions de 2025” par le magazine Time, explique comment leur technologie révolutionne la gestion des salles d’opération. Leur système, souvent comparé à un contrôle aérien pour les hôpitaux, utilise des capteurs thermiques et l’intelligence artificielle pour suivre et coordonner précisément le déroulement des interventions chirurgicales, sans soulever de préoccupations liées à la vie privée. Cette approche permet non seulement d’optimiser l’utilisation des espaces mais aussi de réduire le gaspillage de temps précieux.
Le vrai obstacle au déploiement de la robotique médicale, ce n’est pas la robotique elle-même, mais l’infrastructure qui la soutient.
Un aspect clé de leur aventure a été la validation par le NHS, qui a permis à McGinn de pénétrer le marché américain, notamment dans les hôpitaux des États-Unis. L’interview aborde aussi la transition de l’entreprise, qui est passée de robots de nettoyage à la surveillance ambiante, un changement stratégique motivé par la volonté de répondre à de réels besoins opérationnels. Selon McGinn, cette évolution leur a permis de se concentrer sur la gestion du flux dans les salles d’opération, plutôt que sur la fabrication de robots physiques coûteux et difficiles à intégrer.
Les enjeux liés à l’automatisation dans le secteur hospitalier sont également discutés, notamment la menace de départ massive de 40 % du personnel infirmier dans les cinq prochaines années. McGinn souligne que cette pénurie croissante pourrait accélérer l’adoption de solutions d’automatisation pour maintenir la qualité et la rapidité des soins. L’infrastructure intelligente se révèle donc essentielle pour pallier la pénurie humaine, tout en améliorant l’efficacité des opérations chirurgicales.
