Le 16 mars dernier marque une étape importante dans la prévention des risques professionnels en France avec l’ouverture officielle du Passeport de prévention aux employeurs. Cet outil numérique, doté d’un espace dédié pour le suivi des formations en santé et sécurité au travail (SST), vise à renforcer la traçabilité des compétences en matière de sécurité pour chaque salarié. Gestionné par la Caisse des Dépôts pour le compte de l’État, ce portail centralise les formations, certifications et habilitations suivies par les actifs, facilitant ainsi la vérification et le renouvellement des formations essentielles à la prévention des risques.
Le déploiement progressif du Passeport de prévention prévoit d’étendre son accès à l’ensemble des acteurs concernés. Après une première ouverture aux organismes de formation le 28 avril 2023, et à l’ensemble des employeurs en mars 2024, ce dispositif sera accessible aux travailleurs d’ici fin 2026. Les entreprises disposent dès à présent d’outils pour déclarer leurs formations internes, vérifier celles enregistrées par des organismes de formation, et suivre leurs besoins en renouvellement. L’importation massive des données, prévue pour juillet 2026, permettra d’enrichir rapidement la base de données, avec des passerelles envisagées avec d’autres plateformes comme Mon Compte Formation et le Passeport de compétences pour automatiser les saisies.
Les acteurs ayant témoigné lors d’un événement le 26 mars soulignent que le Passeport de prévention est un levier crucial pour réduire les accidents du travail grâce à une meilleure gestion des formations et compétences en SST.
Ce dispositif a suscité des craintes initiales, notamment chez les organismes de formation et les employeurs, qui craignaient une surcharge administrative. Cependant, grâce à un accompagnement soutenu de la part de la Caisse des Dépôts et de la DGEFP, ces acteurs ont pu s’approprier l’outil. Des tutoriels, guides, webinaires interactifs, et un simulateur leur ont permis de se familiariser avec le système. En un an, plus de 3 600 organismes de formation se sont connectés, et ont réalisé plus de 62 000 déclarations, témoignant d’une adhésion progressive mais affirmée à cette nouvelle plateforme numérique.
Les employeurs, partageant les mêmes craintes au départ, ont progressivement apprécié la centralisation et la possibilité de piloter le renouvellement des formations à travers un tableau de bord intuitif. Leur collaboration avec les OPCO est également un atout pour optimiser la gestion des compétences et la conformité réglementaire. En conclusion, ce projet incarné par le Passeport de prévention représente une avancée significative dans la politique de santé au travail, en renforçant la prévention et la traçabilité des compétences en SST à l’échelle nationale.
Pour accompagner cette transition, la Caisse des Dépôts et le ministère du Travail proposent divers ressources, notamment simulateurs, guides, FAQ, tutoriels et webinaires, accessibles via leur site dédié. Ces outils sont essentiels pour garantir une appropriation efficace par tous les acteurs impliqués et assurer le succès de cette initiative encore en phase d’amorçage mais porteuse d’un changement durable dans la gestion préventive en entreprise.
