“Pas de risque majeur que le chômage explose”: pourquoi, malgré cinq trimestres consécutifs de baisse de l’emploi salarié, les économistes ne sont pas (trop) pessimistes pour la France

Selon les chiffres provisoires de l’Insee, le marché du travail français affiche une stabilité relative en fin d’année 2025, avec une légère baisse de l’emploi salarié privé de 0,2% par rapport à la même période en 2024. Cette contraction représente la perte de 40.800 emplois, mais le nombre total d’emplois dans le secteur privé reste supérieur de 5,3% à celui d’avant la crise sanitaire de 2019, soit environ 1,1 million d’emplois supplémentaires. Ces données suggèrent une phase d’ajustement plutôt qu’une dégradation dramatique du marché du travail.

Le ministère du Travail qualifie cette situation de “phase de stabilisation”, soulignant que tous les grands secteurs continuent de maintenir un niveau d’emploi supérieur à celui d’avant la crise. Toutefois, plusieurs économistes, comme Mathieu Plane de l’OFCE, prévoient pour 2026 une lente dégradation, estimant la perte à environ 60.000 emplois salariés en année complète. Charlotte de Montpellier, économiste à la banque ING, reste plus prudente, estimant qu’il n’y aura pas de rebond significatif mais que le marché ne devrait pas s’effondrer non plus.

“Même si l’emploi est dans une phase d’ajustement, le risque d’une explosion du chômage reste faible, grâce à la faiblesse de la dynamique actuelle.”

Par ailleurs, la croissance des créations d’entreprises, qui a atteint un record de 1,17 million en 2025, est en grande partie alimentée par les auto-entrepreneurs, dont le revenu moyen reste très faible. La majorité de ces nouvelles entreprises pourraient ne pas générer d’emplois significatifs, ce qui limite leur impact sur l’emploi salarié. La croissance économique demeure modérée, autour de 1%, sans soutien massif des politiques publiques, ce qui pourrait freiner la stabilité à long terme du marché du travail.

Concernant le chômage, la situation semble relativement maîtrisée. La hausse de 2% des demandeurs d’emploi inscrits à France Travail au quatrième trimestre n’a pas généré d’inquiétudes majeures, d’autant plus que l’effet de la modification des régimes de sanctions a été pris en compte. Avec une population active en augmentation, le taux de chômage devrait atteindre environ 8,2% fin 2026, contre 7,7% au troisième trimestre, selon l’OFCE. Cependant, il est peu probable que cette hausse provoque une crise majeure, dans un marché qui reste peu dynamique mais stable.

Enfin, l’emploi intérimaire, souvent considéré comme un indicateur avancé de l’évolution du marché du travail, affiche une stabilité au quatrième trimestre, avec une petite croissance de 0,1%. La situation sectorielle montre un rebond dans l’agriculture (+2,6%) après une baisse précédente, tandis que l’industrie, la construction et le secteur tertiaire enregistrent des reculs marginaux. Globalement, ces dynamiques semblent indiquer une progression prudente sans signe d’une dégradation brutale dans les prochains mois.

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