On devait avoir accès dans 4 mois aux salaires moyens de ses collègues mais les entreprises ne sont pas prêtes et le gouvernement pourrait leur donner un sursis d’un an

Une scène préoccupante se dessine à l’approche de la mise en œuvre de la directive européenne sur la transparence salariale, prévue pour juin 2026. Selon une étude de l’ANDRH, l’association nationale des responsables des ressources humaines, la majorité des entreprises françaises ne seraient pas encore prêtes à appliquer ces nouvelles obligations. La directive prévoit notamment que les employeurs communiquent une fourchette de salaire avant l’embauche et que les salariés puissent demander à connaître le salaire moyen de collègues effectuant un travail de valeur égale. Cependant, la difficulté réside dans la construction de catégories de travailleurs et la mise en place d’une politique de rémunération adaptée.

Face à cette situation, le gouvernement semble entendre les inquiétudes exprimées par les responsables RH. Selon le média spécialisé actuel-RH, une note de la Direction générale du travail indique qu’un délai supplémentaire pourrait être octroyé, permettant aux entreprises de se préparer correctement. La nouvelle échéance pourrait ainsi être reportée jusqu’au 1er juin 2027, une prolongation d’un an par rapport à la date initiale. Ce sursis permettrait aux entreprises de définir leur catégorisation et d’ajuster leurs politiques salariales sans risquer des tensions sociales ou des sanctions juridiques immédiates.

Sans méthode, sans calendrier réaliste et sans accompagnement, le risque est de créer des tensions sociales et juridiques durables.

Les résultats d’une enquête menée auprès de 567 membres de l’ANDRH en janvier et février 2026 révèlent une réalité alarmante : 78 % des entreprises n’ont pas encore mis en place de politique de rémunération pour répondre à cette nouvelle obligation. Parmi celles qui ont débuté leur réflexion, les principaux défis identifiés concernent la gestion des tensions internes, la charge de travail accrue et les enjeux culturels liés à la réforme. La crainte d’une difficulté à expliquer et justifier les écarts salariaux, hérités des politiques passées, constitue également un obstacle majeur pour les responsables RH.

Malgré ces défis, une majorité de professionnels ne rejette pas le principe général de la transparence salariale. Environ 72 % considèrent qu’un écart de 5 % ou plus dans la rémunération injustifiée doit donner lieu à une correction obligatoire. Cependant, comme le souligne Audrey Richard, présidente de l’ANDRH, la veille montre que sans accompagnement efficace, cette réforme pourrait générer des tensions sociales importantes. “Le principal enjeu n’est pas seulement juridique. La transparence salariale va confronter les managers à des questions d’explication, de justification et de reconnaissance pour lesquelles ils ne sont aujourd’hui ni formés ni outillés, à date.

Partagez cet article
article précédent

Vol au travail en 2026 : comment réagir ? quelles sanctions ?

article suivant

Après des impacts de balles retrouvés sur la façade, Orange va définitivement déplacer la plupart de ses salariés de son site de Marseille

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire plus d'articles