La récente controverse autour de la Nintendo Switch 2 soulève de nombreuses inquiétudes concernant les limites imposées aux utilisateurs par la firme japonaise. Selon la Free Software Foundation, Nintendo a mis en place des conditions d’utilisation qui lui donnent le pouvoir de rendre une console « définitivement inutilisable en tout ou en partie » si des violations supposées de ses règles sont détectées. Cette mesure, drastique, permet à la société de bannir à vie un utilisateur des services en ligne, laissant la console hors-jeu pour tout ce qui concerne les fonctionnalités connectées, tout en laissant la partie hors-ligne fonctionnelle.
Ce qui aggrave la situation, c’est la gamme très large de motifs pouvant mener à un bannissement : modification de console, utilisation de backups, utilisation de flashcarts ou encore achat de jeux d’occasion. Un cas récemment rapporté concerne un acheteur ayant acquis une cartouche d’occasion qui a été bannie parce que le précédent propriétaire aurait pu cloner le jeu. Si certains ont réussi à faire lever le bannissement, cela demande une procédure compliquée où la charge de la preuve repose sur l’utilisateur, n’étant pas Nintendo à devoir démontrer la culpabilité. La sanction est donc automatique, sans possibilité de recours immédiat.
Nintendo renforce le contrôle sur ses consoles, laissant peu de place au droit de réclamation ou de recours pour les consommateurs.
Les conséquences pour l’utilisateur sont considérables : plus d’accès à l’eShop, aux téléchargements, aux mises à jour sécuritaires, ou encore aux jeux en ligne. La pratique du marché de l’occasion en prend un coup, puisque la revente d’une Switch 2 bannie entraîne la transmission du bannissement au prochain propriétaire, transformant le marché du reconditionné en un véritable piège. La société a d’ailleurs déjà agi en bannissant une console reconditionnée vendue comme fonctionnelle, mais déjà sous bannissement pour des raisons liées à une potentielle utilisation abusive précédente.
Cette politique, qui inclut une clause d’arbitrage obligatoire, impose aux utilisateurs de renoncer à leur droit de poursuivre Nintendo en justice, d’intenter une action collective ou de bénéficier d’un procès avec jury. La firme privilégie ainsi un recours à l’arbitrage privé, ce qui limite fortement les recours légaux des consommateurs. Un opt-out est prévu dans les 30 premiers jours suivant l’achat, mais peu d’acheteurs prennent le soin de lire ou de comprendre ces conditions souvent opaques.
Face à ces pratiques, des autorités comme celles du Brésil ont déjà lancé des enquêtes pour évaluer si ces mesures violent les droits des consommateurs. En Europe, des protections existaient déjà en droit de la consommation, mais la situation reste préoccupante pour ceux qui souhaitent profiter pleinement de leur matériel sans craindre une exclusion définitive et silencieuse. La controverse ne fait que s’intensifier, laissant le public et les régulateurs perplexes face à cette stratégie commerciale.
