Meta fait face à une nouvelle vague de critiques et à une poursuite judiciaire suite à un rapport des journaux suédois révélant que des travailleurs d’un sous-traitant basé au Kenya examinent des séquences capturées par les lunettes intelligentes de la société. Ces vidéos incluent des contenus sensibles tels que de la nudité, des rapports sexuels ou encore l’utilisation des toilettes, soulevant de graves questions sur la protection de la vie privée des utilisateurs. Bien que Meta ait affirmé appliquer un floutage des visages pour protéger l’identité des individus, des sources ont contesté la cohérence de cette pratique, estimant que le floutage n’était pas toujours efficace.
Face à ces révélations, le Office of the Information Commissioner du Royaume-Uni a lancé une enquête officielle sur la gestion de la confidentialité par Meta. Par ailleurs, une nouvelle action en justice a été déposée aux États-Unis contre le géant technologique. Les plaignants, Gina Bartone de New Jersey et Mateo Canu de Californie, représentés par le cabinet Clarkson Law Firm, accusent Meta de violer les lois sur la vie privée et de faire de fausses déclarations concernant la confidentialité de ses produits. La plainte souligne que la société commercialise ses lunettes comme étant « conçues pour la confidentialité, contrôlées par vous » et « bâties pour votre vie privée », sans avertir que les vidéos prises peuvent être visionnées par des employés étrangers.
Les utilisateurs pensent être protégés par des promesses de confidentialité qui ne sont pas toujours respectées, notamment en ce qui concerne la surveillance par des employés à l’étranger.
Selon la plainte, Meta et son partenaire de fabrication, Luxottica, enfreignent les lois de protection des consommateurs en ne fournissant pas d’informations claires sur le traitement et l’usage des vidéos capturées. Plus de sept millions de personnes ont acheté ces lunettes en 2025, et les images recueillies sont intégrées dans un flux de données destiné à être examiné par des contractants, sans possibilité pour les utilisateurs de refuser cette procédure. Meta a réagi en affirmant que le visionnage de contenu partage avec l’intelligence artificielle est destiné à améliorer l’expérience utilisateur, une pratique expliquée dans sa politique de confidentialité, mais sans mention précise dans toutes ses versions régionales.
Lors d’un événement TechCrunch à San Francisco, le 13-15 octobre 2026, la controverse s’est intensifiée. Meta a défendu ses efforts pour assurer la sécurité et la confidentialité, en précisant que le contenu partagé reste, sauf partage volontaire, uniquement sur l’appareil de l’utilisateur. La société indique également utiliser des techniques pour filtrer ces données et éviter tout risque d’identification. Cependant, la polémique soulève une question cruciale : la promesse d’une vie privée renforcée derrière une technologie sophistiquée, mais potentiellement intrusive, est-elle vraiment tenue ?
En somme, la montée en puissance des technologies telles que les lunettes intelligentes et autres appareils de surveillance haut de gamme suscite une défiance croissante parmi les défenseurs des droits numériques, qui dénoncent une forme de « surveillance de luxe ». La présence d’applications capables de détecter la proximité de ces appareils témoigne de cette inquiétude. La société Meta, pour sa part, continue de défendre ses pratiques tout en étant sous le feu des critiques concernant la transparence et le respect de la vie privée de ses utilisateurs.
