“L’IA ne prendra pas votre travail, c’est celui qui sait l’utiliser qui le fera”: ces entreprises s’associent à l’enseignement supérieur pour former leurs salariés à l’IA

En France comme aux États-Unis, la montée de l’intelligence artificielle suscite à la fois des inquiétudes et des opportunités. Si de nombreuses grandes entreprises annoncent des suppressions de postes, souvent justifiées par l’intégration de l’IA, elles reconnaissent aussi le besoin de salariés compétents pour manipuler ces nouveaux outils. La question de l’emploi reste au centre des préoccupations, alors qu’un débat intense s’engage sur le rôle exact de l’IA dans la transformation du marché du travail.

Ce lundi, Paris accueille une grande séquence dédiée à l’IA, prélude à une rencontre internationale qui aura lieu dans quelques jours à New Delhi. Au Collège de France, universitaires, décideurs et responsables politiques se réunissent pour réfléchir à l’avenir “avec l’IA”. Au menu : des échanges sur la place de l’intelligence artificielle dans la société, mais aussi ses implications en matière d’emploi. Le constat est clair : si l’IA est souvent perçue comme une menace, elle peut aussi devenir un levier indispensable de compétitivité si elle est maîtrisée.

La maîtrise de l’IA par les salariés apparaît comme la clé pour répondre à cette dualité : profiter de ses bénéfices tout en conservant des emplois.

Un an après le Sommet pour l’IA organisé par la France, il apparaît que cette technologie n’a pas convaincu tout le monde sur son aspect rassurant, notamment en matière d’emploi. Plusieurs rapports évoquent la disparition de 50 000 postes aux États-Unis en 2022, imputée notamment à l’adoption de l’intelligence artificielle. Toutefois, derrière ces chiffres, la réalité est plus nuancée : certaines entreprises utilisent l’IA pour réduire leurs coûts tout en ayant besoin de collaborateurs formés à ces nouveaux outils. La formule “ce n’est pas l’IA qui volera votre emploi, c’est celui qui saura l’utiliser” revient souvent dans les discussions.

Pour répondre à cette problématique, des initiatives concrètes voient le jour. La Paris School of AI, affiliée à l’université PSL, travaille en partenariat avec de nombreuses branches professionnelles pour élaborer des formations continues en intelligence artificielle. Ces programmes, déployés avec des entreprises comme la Société des ingénieurs de l’automobile ou des banques, visent à doter les salariés des compétences nécessaires pour arbitrer et piloter leurs projets d’IA. À ce jour, 60 entreprises participent à ces cursus, illustrant l’engagement du secteur privé à ne pas laisser l’IA devenir un facteur de chômage, mais plutôt une opportunité de valorisation des compétences.

Les formations proposées ne se limitent pas à la simple compréhension technique : elles offrent une véritable montée en compétences, permettant aux employés déjà en poste de mieux appréhender les enjeux et de participer activement à la transformation numérique. Selon Isabelle Ryl, directrice de la Paris School of AI, la France est bien positionnée pour attirer des talents du monde entier, ce qui donne à l’université une aura internationale. Les deux premières formations à l’IA ouvertes à PSL attirent déjà des étudiants de 20 nationalités différentes, preuve de l’attractivité du modèle français dans la formation aux technologies de demain.

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