L’IA dans les processus d’orientation (Journées Vincent Merle) – Centre Inffo

La 5ème édition des journées Vincent Merle, organisée le 25 mars à Pessac en Gironde, s’est concentrée sur l’intégration de l’intelligence artificielle dans les processus d’orientation scolaire et professionnelle. Lors de cette journée, une table ronde réunissant des représentants de l’Onisep, de Cap Métiers et de Thotis a permis d’explorer les pratiques innovantes utilisant l’IA pour accompagner les jeunes dans leurs choix d’orientation. Ces échanges soulignent l’intérêt croissant pour ces outils dans le secteur de l’éducation, en pleine mutation face aux enjeux technologiques.

En ouverture, Thierry Berthet, directeur de recherche au Centre Emile Durkheim (CNRS), a évoqué le peu de recherches disponibles sur le sujet, en soulignant notamment leur rareté hors du contexte québécois. Il a souligné la nécessité de développer une réflexion approfondie sur l’usage de l’IA dans l’orientation, tant ses impacts restent encore largement méconnus. Ellen Thompson, inspectrice générale de l’éducation et co-animatrice de cette table ronde, a aussi souligné que l’orientation ne doit pas être une décision subie mais un parcours progressif, façonné par la capacité des jeunes à s’informer et à se construire une identité orientationnelle dans la durée. Elle a insisté sur l’importance de tenir compte des facteurs sociaux, territoriaux ou encore de genre, qui peuvent accentuer les inégalités dans l’accès à ces outils et, par extension, dans l’orientation elle-même.

“Il ne faut pas que l’IA devienne un nouveau levier d’inégalités, mais un instrument d’émancipation pour tous.”

Les intervenants ont partagé leurs retours d’expériences concernant l’utilisation concrète de l’intelligence artificielle. L’Onisep, par exemple, développe des dispositifs visant à mieux analyser les profils et les aspirations des jeunes, tandis que Cap Métiers met en avant des outils de simulation permettant aux jeunes d’explorer différents parcours professionnels. Thotis, un système d’aide à l’orientation basé sur l’IA, se présente comme une solution innovante pour accompagner les équipes éducatives dans la personnalisation de leurs conseils. Ces initiatives illustrent une tendance claire à considérer l’IA comme un complément aux approches humaines, capable d’augmenter la précision et la pertinence des recommandations.

En conclusion, cette journée a permis de mettre en lumière à la fois les promesses et les limites des technologies d’intelligence artificielle dans l’orientation. Si leur potentiel pour réduire certaines inégalités et rendre les processus plus adaptés semble indéniable, leur développement doit être encadré pour éviter qu’ils n’amplifient d’autres formes de disparités. La problématique centrale reste celle d’assurer un usage éthique et équitable de ces outils, afin que chaque jeune puisse bénéficier d’un accompagnement juste et personnalisé, sans que l’automatisation ne remplace l’humain mais l’enrichisse.

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