Lors d’un webinaire organisé par l’Afref le 15 décembre, les acteurs et chercheurs impliqués dans l’expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée » (TZCLD) ont dressé un bilan de cette initiative, qui suscite un intérêt croissant. Une étude récente du Céreq (Centre d’études et de recherches sur l’emploi et les qualifications) met en lumière l’évolution des démarches de formation dans ce cadre, passant d’une présence initiale limitée à une nécessité incontournable pour les entreprises à but d’emploi participant au dispositif.
Selon Francesca Petrella, sociologue à l’université d’Aix-en-Provence et membre du comité scientifique de cette étude, l’objectif prioritaire de TZCLD est de « détruire la privation d’emploi », paraphrasant ATD Quart Monde. Le dispositif s’appuie sur deux piliers fondamentaux : d’une part, la mise en place de comités locaux pour l’emploi (CLE), chargés de la gouvernance territoriale, et d’autre part, le développement d’une formation souvent informelle mais devenue essentielle pour accompagner la réintégration des chômeurs de longue durée.
La formation informelle apparaît ainsi comme un levier crucial, même si elle n’était pas initialement au centre des préoccupations.
Alors que la formation formelle reste souvent absente au démarrage, le constat montre qu’au fil des actions, elle devient une étape incontournable pour adapter les parcours aux besoins des territoires. La nécessité d’intégrer des formations non certifiantes mais adaptées aux contextes locaux est ainsi devenue une pierre angulaire de l’expérimentation, permettant d’améliorer concrètement l’insertion professionnelle tout en favorisant une dynamique locale plus inclusive.
Ce développement soulève des questions quant à la reconnaissance officielle de ces parcours informels, souvent moins valorisés mais tout aussi efficaces dans un contexte territorial. La réussite du dispositif semble donc dépendre d’une meilleure valorisation de ces formations alternatives, qui restent encore marginales dans le paysage de la formation professionnelle en France, mais qui gagnent en influence dans le cadre de projets innovants comme TZCLD.
