“Les nouveaux portent des casques bleus, les autres des casques orange” : alors que ce sont les jeunes qui sont très souvent victimes du fléau, le ministre du Travail veut s’inspirer des pratiques de la SNCF pour réduire le nombre de morts au travail

Le ministre du Travail, ancien PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou, a récemment exprimé sa volonté de faire de la lutte contre les accidents du travail graves et mortels une “priorité personnelle”. Lors d’un rendez-vous avec la presse organisé par l’Ajis (association des journalistes de l’information sociale), il a souligné que la prévention doit devenir la clé pour réduire significativement ces drames. Son expérience à la tête de la SNCF, une entreprise confrontée à des tragedies humaines, le pousse à aborder ce problème avec une détermination renforcée.

Selon lui, en France, le nombre de décès liés au travail a connu une augmentation inquiétante, passant de 645 en 2021 à 764 en 2024. La réalité est d’autant plus préoccupante que cette hausse concerne également de très jeunes travailleurs, parfois même mineurs. Pour y faire face, il insiste sur l’importance d’acculturer la culture de la prévention, notamment auprès des nouvelles recrues. Il cite à cet égard l’exemple mis en œuvre à la SNCF : la différenciation par la couleur des casques, avec des casques bleus pour les nouveaux, établit un signal clair quant au niveau d’expérience et de connaissances sur les pratiques de sécurité.

Pour réduire les accidents, il faut miser sur la prévention collective, notamment en intégrant une veille particulière pour les jeunes débutants dans le secteur.

Ce dispositif s’accompagne également d’un accompagnement individuel : chaque nouvelle recrue est prise en charge par un “compagnon”, chargé de la former, de vérifier qu’elle dispose du matériel adéquat et de lui rappeler les bonnes pratiques en matière de sécurité. Selon Jean-Pierre Farandou, “chaque mort est inadmissible”, mais il considère que faire participer les jeunes au monde professionnel est crucial, tant pour leur insertion que pour la lutte contre l’orientation biaisée par des préjugés de genre ou de filières. Il souhaite ainsi encourager les jeunes à explorer une diversité de métiers afin d’ouvrir leur horizon et de combattre certains stéréotypes.

Il insiste également sur la nécessité de sensibiliser les salariés à la santé cardiovasculaire. La France, selon lui, fait partie des mauvais élèves en Europe concernant le nombre de morts liées à des malaises cardiaques, qui représentent près de la moitié des décès au travail. Il recommande la mise en place de plans de prévention spécifiques pour ces risques, notamment en encourageant les salariés à consulter un cardiologue, en particulier pour ceux souffrant de pathologies chroniques. Les accidents liés aux trajets domicile-travail, représentant 35% de la mortalité professionnelle, sont également au cœur de ses préoccupations. Il sollicite des campagnes de sécurité routière adaptées pour sensibiliser les employeurs et les salariés à ces dangers, même lors de trajets à vélo ou en voiture.

Mettre en avant les bonnes pratiques des entreprises qui font des progrès significatifs doit devenir une priorité pour diffuser une culture de prévention efficace et réduire durablement le nombre de morts au travail.

En conclusion, Jean-Pierre Farandou souhaite s’inspirer des initiatives concrètes, comme celles déployées à la SNCF, pour instaurer une véritable culture de prévention dans toutes les entreprises françaises. La mise en place de dispositifs simples mais efficaces, centrés sur la formation, la sensibilisation et la responsabilisation collective, pourrait faire considérablement baisser le nombre de décès liés au travail. La priorité est donc désormais de passer d’une logique de réparation à une logique de prévention, afin de protéger la santé et la vie des travailleurs, notamment les plus vulnérables et jeunes. La lutte contre ces tragédies doit devenir une cause nationale, mobilisant tous les acteurs sociaux dans une démarche proactive.

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