Les cadres, surtout les plus jeunes, ont de moins en moins envie de diriger des équipes

Selon une étude récente de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), la volonté des cadres non-managers d’accéder à des responsabilités hiérarchiques connaît une baisse importante. Entre 2022 et 2025, cette part est passée de 42% à 34%, marquant une diminution de 8 points. Ce recul est encore plus marqué chez les moins de 35 ans, chez qui la proportion souhaitant devenir responsables d’équipe est passée de 63% à 47%, soit une chute de 16 points. Ce changement semble refléter une évolution des aspirations et des perceptions liées à la fonction managériale.

Les raisons de cette désaffection croissante pour le management ne sont pas anecdotiques. L’étude met en lumière la complexification récente de la fonction de manager, qui doit désormais jongler avec de multiples dilemmes. Gaël Bouron, responsable adjoint du pôle études de l’Apec, souligne que les managers doivent non seulement atteindre des objectifs de performance et respecter des délais, mais aussi assurer la convivialité, l’épanouissement de leur équipe, tout en individualisant leur management. Ils doivent également s’adapter aux besoins spécifiques de leurs collaborateurs tout en contribuant à leur montée en compétences. Ces exigences multiplient la pression et la charge de travail, rendant la fonction de plus en plus difficile à endosser.

La culture de l’invulnérabilité et la pression constante contribuent à fragiliser les managers, amplifiant leur sentiment d’épuisement et de solitude dans leurs responsabilités.

Cette complexité croissante de la fonction managériale engendre une certaine réticence, notamment chez les jeunes cadres. En effet, 77% d’entre eux estiment que devenir encadrant augmenterait leur niveau de stress, leur temps de travail (à 61%) et réduirait leur possibilité de télétravail (42%). Pourtant, malgré ces défis, la fonction managériale reste attractive pour une majorité, principalement en raison d’une rémunération plus avantageuse, d’un plus grand degré d’autonomie et du plaisir de transmettre des compétences. D’ailleurs, 60% des managers interrogés considèrent que leur rôle leur apporte davantage de satisfaction que d’insatisfaction, avec seulement 6% le trouvant plutôt désagréable, et 34% ressentant un certain équilibre entre satisfaction et insatisfaction.

En termes de perception, la majorité des cadres semble également satisfait de leurs relations hiérarchiques : 53% déclarent être plutôt satisfaits de leurs managers, et 30% indiquent être tout à fait satisfaits. Ces résultats témoignent, malgré tout, d’un certain attachement à la fonction, à condition que les conditions de travail et la reconnaissance évoluent pour mieux répondre aux défis modernes. La tendance à la baisse de l’intérêt pour la gestion d’équipe, en revanche, souligne une transformation en profondeur des attentes des cadres, qui privilégient désormais un équilibre plus sain entre vie professionnelle et personnelle, ainsi qu’une gestion du stress plus adaptée.

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