Le groupe belge Ziegler, une entreprise familiale fondée en 1908, se trouve actuellement en grande difficulté en France, sa filiale étant placée en redressement judiciaire. Avec 1 400 salariés répartis dans 58 agences françaises, Ziegler représente un acteur important du secteur du transport routier. Cependant, la situation financière du groupe s’est détériorée rapidement, notamment après la désignation de deux mandataires par le tribunal de Lille en février dernier, suite à une chute de son chiffre d’affaires et à des pertes importantes.
Lors d’une intervention à l’Assemblée, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a confirmé que le gouvernement s’efforce de trouver un ou plusieurs repreneurs pour assurer la pérennité des activités en France. La reprise des sites industriels et logistiques est devenue une priorité absolue, avec une échéance fixée au 31 mars, date à laquelle le tribunal de commerce de Lille réexaminera la situation de Ziegler France. Faute d’accord, le groupe, aujourd’hui quasiment à l’arrêt, sera mis en liquidation, entraînant la perte de nombreux emplois.
La finalité de cette démarche dépendra de l’émergence d’un repreneur solide capable de préserver les emplois.
Les inquiétudes des salariés et des syndicats sont palpables, la CGT soulignant la “profonde angoisse” face à la situation et dénonçant un manque de visibilité de la part de la direction internationale. La crise a aussi entraîné l’arrêt des camions, la désertion des clients et le refus des fournisseurs de continuer à travailler avec Ziegler, aggravant la situation financière déjà critique. La question du paiement des salaires à la fin du mois reste en suspens, ce qui alimente un sentiment d’incertitude et d’angoisse parmi le personnel.
En dépit de l’ampleur du problème, la mobilisation politique et sociale se poursuit pour éviter la disparition de cet acteur historique. La CGT appelle à une transparence totale sur les causes ayant conduit à cette crise et invite les pouvoirs publics à intervenir pour sauver l’entreprise, soulignant l’importance de préserver ces 120 années d’histoire dans le secteur du transport.
Enfin, cette crise intervient dans un contexte économique déjà difficile pour le secteur du transport routier, affecté par la hausse du prix des carburants et le ralentissement économique. La Fédération nationale du transport routier a mis en garde contre la possible fermeture de plusieurs entreprises, précisant que certaines étaient déjà au bord de la rupture, ce qui pourrait exacerber encore davantage la crise sociale et économique dans cette filière essentielle à l’économie française.
