Le seul moyen d’être augmenté c’est de changer d’entreprise? 30% des salariés français le pensent alors que les employeurs seront chiches cette année

Selon une récente étude menée par le cabinet de recrutement Hays et publiée le 20 janvier, une majorité d’entreprises envisagent d’augmenter les salaires en 2026, mais ces hausses resteront modestes. Environ 65% des entreprises prévoient des ajustements, principalement inférieurs à 5%, avec près de la moitié d’entre elles qui envisagent des augmentations inférieures à 2%. Seules 5% des entreprises prévoient des augmentations supérieures à 6%.

Ces hausses limitées ne parviennent pas à combler le décalage perçu par les salariés entre leur rémunération et leurs responsabilités. En effet, 58% d’entre eux estiment que leur salaire ne reflète pas leur charge de travail, contre 45% en 2024. Ce phénomène de déconnexion accentue les enjeux liés à la reconnaissance professionnelle, au pouvoir d’achat et à la projection à long terme dans l’entreprise, soulignent les auteurs de l’étude.

“L’attractivité des entreprises ne repose plus uniquement sur le salaire, mais également sur la qualité des relations managériales, le sens du travail, et une ambiance de travail positive.”

Par ailleurs, le système de promotion interne est remis en question : 70% des salariés jugent le processus flou, opaque ou injuste, et seulement 6% considèrent que les promotions reposent sur des critères de performance clairement établis. Dans ce contexte, la mobilité externe apparaît comme une solution privilégiée par 30% des salariés pour voir leur salaire augmenter, devant les promotions internes (14%) ou les ajustements internes (20%). En 2025, près d’un tiers des salariés ont changé de employeur, un chiffre qui reste stable mais élevé.

Au-delà des ajustements salariaux, la recherche d’un environnement de travail épanouissant devient une priorité. Frédéric Béziers-Rose, PDG de Hays France, souligne que “la rémunération, c’est important mais c’est une forme de truisme. Derrière, on retrouve quelque chose de plus profond, du relationnel, du sens du travail, et de la relation managériale”, précisant que 59% des candidats valorisent l’ambiance de travail positive et 48% la réalisation de projets stimulants.

En matière de fidélisation, la sécurité de l’emploi et la stabilité des revenus restent les leviers principaux, avec respectivement 50% et 46% des salariés qui considèrent ces éléments comme essentiels. Toutefois, face à la frugalité des augmentations, les avantages sociaux personnalisés – comme l’intéressement, les chèques cadeaux, ou l’assurance santé – deviennent un levier stratégique pour attirer et retenir les talents. Des dispositifs innovants comme les crèches d’entreprise, le remboursement d’activités sportives ou culturelles, ou encore le télétravail à l’étranger commencent à émerger, même s’ils restent encore minoritaires.

En résumé, dans un contexte où les augmentations salariales se font rares et modestes, les entreprises doivent miser davantage sur la qualité de l’environnement professionnel et des avantages différenciants pour séduire et fidéliser leurs salariés. La motivation ne se résume plus uniquement à la rémunération, mais à un ensemble d’éléments relationnels, organisationnels et stratégiques qui façonnent l’attractivité et le bien-être en entreprise.

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