Récemment, une proposition de loi relayée par le Sénat a fait sensation en France, visant à encadrer l’accès aux réseaux sociaux pour les plus de 50 ans. Selon une étude, 67% des fausses informations sur Facebook en France seraient partagées par cette tranche d’âge, ce qui a conduit les élus à envisager des mesures spécifiques pour ce public considéré comme vulnérable dans le paysage numérique.
Le dispositif proposé prévoit une évaluation des compétences numériques pour les seniors à partir de 50 ans, comprenant un questionnaire à choix multiple de 40 questions, renouvelable tous les deux ans et administré en préfecture. Parmi les questions figurent des scénarios typiques de manipulation en ligne, comme répondre à des faux liens ou des propositions frauduleuses. En cas d’échec à cette évaluation, les seniors seraient tenus de suivre une formation incontournable intitulée “Permis Internet Senior”.
Le texte se veut à la fois éducatif et punitif, avec la menace d’amendes pouvant atteindre 1% du chiffre d’affaires mondial des plateformes sociales non conforme à cette nouvelle réglementation, comme une amende record de 1,3 milliard d’euros pour Meta.
Dans un ton plus léger, la proposition offre également des dérogations pour certains cas, notamment pour les professionnels utilisant régulièrement les réseaux sociaux ou pour les grands-parents partageant du contenu éducatif. Par ailleurs, les élus de plus de 50 ans, eux, seraient exemptés de ces obligations, ce qui laisse entendre une certaine forme de favoritisme. En cas de violation, les sanctions financières et les travaux d’intérêt numérique, tels que l’aide à la configuration d’imprimantes ou la résolution de problèmes Wi-Fi, seraient appliqués aux contrevenants.
En définitive, ce projet, qui reste pour l’instant une proposition de loi en discussion, soulève de nombreuses questions sur la liberté d’accès aux réseaux sociaux et la protection des publics vulnérables. La ministre du Numérique Anne Le Hénanff a d’ailleurs qualifié cette mesure de “disproportionnée”, tout en reconnaissant la nécessité d’aborder la question de la vulnérabilité numérique. Une chose est sûre : pour l’instant, il s’agit surtout d’un poisson d’avril, détournant une idée farfelue pour faire sourire, mais la réalité pourrait, un jour, dépasser la blague.
