Une étude récente menée par Resmed met en lumière un changement inquiétant dans le monde du travail : le manque de sommeil n’est plus seulement une problématique privée, mais devient un motif reconnu pour justifier un arrêt de travail. En France, plus de la moitié des actifs (56 %) ont déjà posé un arrêt maladie après une mauvaise nuit. Ce changement de perception montre à quel point le sommeil, longtemps perçu comme une contrainte personnelle, est désormais considéré comme un indicateur clé de santé et de performance au sein des entreprises. L’enquête révèle également une différence notable chez les jeunes actifs, qui leur confèrent une importance accrue, notamment par une fréquence d’arrêts pour ce motif bien plus élevée que chez leurs aînés.
Chez les 18-26 ans, 12 % s’arrêtent pour cause de fatigue chronique plus d’une fois par mois, un taux qui est dix fois supérieur à celui des générations précédentes, comme les baby-boomers. De plus, près de 23 % d’entre eux déclarent s’absenter jusqu’à quatre fois dans l’année pour cette raison. Contrairement à une idée reçue, cette tendance ne traduit pas un désengagement professionnel, mais une tolérance plus faible à la fatigue chronique et à ses effets, qui sont désormais mieux reconnus. Les conséquences sur la performance au travail sont concrètes : 51 % des actifs souffrent de somnolence excessive durant la journée après une mauvaise nuit, 31 % ont des difficultés de concentration, et près de la moitié ressentent une humeur maussade ou de l’irritabilité.
Le sommeil devient un enjeu stratégique, à la croisée de la santé, de la performance et de l’attractivité employeur.
Les impacts du mauvais sommeil sur la productivité ne s’arrêtent pas là. 42 % des salariés constatent une humeur plus positive après une bonne nuit, 41 % une meilleure concentration, et 35 % une productivité accrue. L’effet est tel que 89 % des répondants estiment qu’un sommeil réparateur améliore leur perception d’eux-mêmes. Face à ces constats, 2025 s’est révélée être une année charnière pour les ressources humaines, qui doivent désormais intégrer le sommeil comme un enjeu central. Le livre blanc lancé par Culture RH et Factorial éclaire d’ailleurs cette évolution en proposant une vision stratégique pour 2026, en abordant différentes thématiques comme le recrutement, la paie ou encore la gestion des risques psychosociaux.
Le lien entre sommeil et performance devient une nouvelle réalité pour les entreprises, qui tentent d’adapter leurs politiques pour mieux préserver la santé mentale et physique de leurs salariés. La difficulté à dormir est souvent associée à des facteurs comme le stress, l’anxiété ou encore les pressions financières, qui touchent particulièrement les femmes, notamment celles en ménopause, et qui aggravent encore la problématique. Pourtant, la majorité des salariés (plus de 60 %) estime que leur employeur ne se préoccupe pas suffisamment de leur sommeil, un décalage qui engendre des coûts invisibles pour l’entreprise tels que l’absentéisme, le présentéisme ou encore une baisse d’engagement. Certaines organisation commencent pourtant à réagir en proposant des aménagements d’horaire, du télétravail ou des initiatives visant à sensibiliser à la lumière bleue ou à la charge cognitive, transformant ainsi le sommeil en un levier stratégique de prévention et de performance.
