Le groupe veut supprimer 2 400 postes : Capgemini lance un plan de départ sur la base du volontariat, mais des salariés accusent l’entreprise de pousser plus fortement certains vers la sortie

Capgemini, acteur majeur du conseil en services numériques, a annoncé un plan de suppression de 2 400 postes en France face au ralentissement de son activité. Toutefois, l’entreprise insiste sur le fait que ce processus reposera exclusivement sur le volontariat, visant à éviter des licenciements secs. Elle propose notamment des reclassements internes dans des métiers d’avenir, tels que l’intelligence artificielle et le cloud, ou une rupture conventionnelle collective pour ceux qui souhaitent partir.

Malgré ces déclarations rassurantes, plusieurs témoignages dans le secteur font état de pratiques préoccupantes. Certains salariés, sous couvert d’anonymat, évoquent une pression forte exercée pour inciter au départ, notamment par des missions déstabilisantes ou des déplacements contraints. Une salariée par exemple accuse sa hiérarchie de l’avoir envoyée à 600 km de son domicile pour une mission dans un contexte de situation familiale difficile, afin de la pousser à démissionner.

“Ils ne rapportent rien à l’entreprise, qui se charge bien de leur faire savoir.”

Ce type de pression n’est pas un cas isolé, selon Robert Amade, représentant syndical CGT à Toulouse, qui témoigne que des clauses de mobilité sont souvent exploitées pour provoquer l’éloignement des salariés. La CGT dénonce ainsi une amplification de ces pratiques dans le contexte du plan de départs annoncé récemment, alimentant les inquiétudes quant à la manière dont le processus est mis en œuvre.

Le plan, pour sa part, est décrit par Capgemini comme « exclusivement fondé sur le volontariat ». L’entreprise précise avoir mené une analyse pour identifier les métiers en croissance, notamment dans l’IA et le cloud, et promet des négociations avec les représentants syndicaux. Toutefois, la crainte demeure parmi les salariés, notamment ceux en « intermissions », c’est-à-dire en période sans mission, considérés comme premiers concernés par les réductions d’effectifs. La polémique sur la douceur du processus ne semble pas apaiser les craintes des salariés face à une possible mise sous pression.

Yacine Baghou, secrétaire général CGT chez Capgemini, dénonce aussi une certaine responsabilisation des employés dans cette logique, évoquant des changements de bureaux ou des revues de leur environnement de travail dans le but de rendre leur poste inconfortable. Selon lui, ces mesures viseraient à pousser certains à partir, ce qui soulève une question sur la sincérité de l’approche volontaire du plan de départs. Capgemini n’a pas ni nié ni confirmé ces accusations, laissant planer le doute sur la réalité de la conformité des pratiques avec le discours officiel.

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