Ce lundi marque le lancement officiel d’une campagne inédite visant à quantifier les discriminations à l’embauche en France. La ministre déléguée en charge de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a annoncé la mise en œuvre d’une opération de testing impliquant l’envoi de 4.000 CV fictifs. Ces CV seront envoyés à des offres d’emploi concrètes dans vingt secteurs d’activités différents, avec pour objectif d’observer et de mesurer les éventuelles discriminations en fonction de critères tels que le sexe, le nom, l’adresse ou encore l’origine.
Ces tests consistent en l’envoi de candidatures dont certains éléments, comme le nom ou l’adresse, seront modifiés pour évaluer si ces facteurs influencent la réponse des recruteurs. La ministre précise que cette démarche doit permettre de “savoir ce que l’on doit combattre et réussir à bien le mesurer”. Elle rappelle également qu’un Français sur trois a subi une discrimination dans le domaine professionnel au cours des cinq dernières années, que ce soit lors de l’embauche ou dans le parcours de carrière, en raison de son âge, de son handicap, de son nom ou de son lieu de résidence.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte d’augmentation des rapports de discrimination constatés par différentes institutions. La Défenseure des droits, en partenariat avec l’Observatoire international du travail (OIT), a souligné la semaine dernière que 43% des Français pensent que des personnes sont souvent discriminées lors de leur recherche d’emploi, tandis que 52% pensent qu’elles le sont parfois. Ces chiffres illustrent la persistance de ces pratiques inacceptables, malgré une réglementation stricte.
La campagne géante de testing pourrait conduire à des modifications législatives, notamment sur les sanctions à l’encontre des entreprises, afin de renforcer la lutte contre ces discriminations.
La ministre a également évoqué la possibilité d’évoluer dans la législation, notamment en envisageant des sanctions plus strictes pour les entreprises qui pratiqueraient des discriminations à l’embauche. Elle a mentionné la mise en place de mécanismes similaires à l’index sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, dans le but d’instaurer une transparence accrue et de responsabiliser davantage les employeurs.
Ce nouvel outil de testing pourrait ainsi stimuler un changement profond dans la culture de l’emploi en France, en forçant les entreprises à faire face à leurs pratiques discriminatoires et à instaurer une égalité réelle à toutes les étapes du parcours professionnel.
