Ce mardi sur Franceinfo, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a réaffirmé son opposition à la proposition du Medef concernant la création d’un “CDI spécial jeunes”. Cette idée, qui consiste à mettre en place un contrat de travail pouvant être rompu sans motif durant les premières années avec une indemnisation croissante, vise à lutter contre le chômage, qui demeure trois fois plus élevé chez les jeunes en France qu’en Allemagne. Cependant, la ministre estime que cette mesure n’est pas la solution la plus adaptée à la problématique de l’emploi des jeunes.
Amélie de Montchalin a d’abord rappelé les dispositifs déjà existants, tels que l’apprentissage, qui selon elle ont contribué à améliorer la situation. Elle a toutefois insisté sur le fait que “le sujet bloquant n’est pas le type de contrat” proposé, ni la flexibilité puisque “les ruptures conventionnelles existent déjà”. Pour elle, la question essentielle ne réside pas dans la forme des contrats, mais dans l’adéquation entre la formation des jeunes et les besoins du marché du travail.
La ministre privilégie la modernisation des formations pour s’aligner sur les besoins des entreprises plutôt qu’une simplification des contrats.
Selon une source gouvernementale, la création de ce type de contrat “n’est pas à l’ordre du jour”. Si certains acteurs politiques, comme Sébastien Lecornu, voient dans cette idée un sujet intéressant pour la campagne présidentielle, le Premier ministre privilégie actuellement la finalisation des négociations en cours sur les ruptures conventionnelles. La polémique autour de cette proposition a enflammé les syndicats, notamment la CGT, qui y voit une “déclaration de guerre” contre les droits des salariés.
En conclusion, la priorité du gouvernement reste la réforme des formations plutôt que la modification des types de contrats, afin de réduire le chômage des jeunes en leur proposant des parcours plus alignés avec les besoins réels du marché. La question de l’adéquation entre formation et emploi apparaît ainsi comme la clé pour adresser durablement cette problématique.
