La valorisation d’Emversity en Inde double alors qu’elle développe des compétences que l’IA ne peut pas remplacer

La startup indienne Emversity, spécialisée dans la formation du personnel pour des rôles que l’intelligence artificielle ne pourra pas supplanter, a levé 30 millions de dollars lors d’une nouvelle levée de fonds en actions. Cette opération, menée par Premji Invest avec la participation de Lightspeed Venture Partners et Z47, valorise la société à environ 120 millions de dollars après dilution, contre environ 60 millions lors de sa levée de fonds pré-Series A en avril 2025. Avec ce financement, le total atteint désormais 46 millions de dollars. Ce rebond intervient dans un contexte où l’Inde connaît un décalage croissant entre l’offre et la demande de compétences qualifiées, notamment dans les secteurs clés comme la santé et l’hôtellerie.

Emversity s’emploie à combler le fossé des compétences par une intégration innovante de formations conçues en partenariat avec les employeurs dans les cursus universitaires.

Le pays, malgré la production de centaines de milliers de professionnels de la santé chaque année, comme les infirmiers et les techniciens en laboratoires médicaux, continue de faire face à une pénurie criante. La demande dans le secteur de l’hôtellerie, par exemple, affiche un déficit de 55 à 60%, soulignant l’urgence de formations adaptées. Emversity tente de répondre à ce défi en collaborant avec 23 universités et collèges à travers plus de 40 campus, en proposant des formations courtes et certifiantes directement reliées aux besoins des employeurs. La startup a déjà formé environ 4 500 apprenants et placé 800 d’entre eux dans différents emplois, selon les déclarations de son fondateur et CEO Vivek Sinha.

Vivek Sinha, qui a précédemment occupé le poste de directeur opérationnel chez Unacademy, a fondé Emversity en 2023 en réponse à une réflexion menée lors de ses expériences dans la préparation aux concours administratifs. Il a observé que des candidats issus d’horizons variés comme les ingénieurs, les titulaires de MBAs ou même les doctorants, postulaient pour ces formations, illustrant le décalage entre les parcours académiques et les compétences réelles requises sur le marché du travail. Selon lui, alors que l’automatisation change la nature de certains emplois, des rôles nécessitant une formation pratique et une certification restent indispensables, notamment dans le secteur de la santé où la présence humaine est irremplaçable.

Emversity travaille main dans la main avec de grands acteurs institutionnels comme Fortis Healthcare, Apollo Hospitals ou Taj Hotels, pour co-concevoir des modules de formation sur mesure. La startup ne facture pas directement les employeurs, mais génère ses revenus via les institutions partenaires et ses centres de compétences liés au National Skill Development Corporation (NSDC). Avec une marge brute d’environ 80% et une stratégie d’acquisition de clients principalement organique, Emversity maintient ses coûts bas tout en étendant rapidement sa présence. Elle prévoit d’élargir son réseau à plus de 200 centres dans les deux prochaines années, tout en renforçant ses efforts dans les secteurs de la santé, de l’hôtellerie, mais aussi en entrant dans des industries telles que l’ingénierie ou la fabrication.

En combinant une conception de programmes axée sur les besoins des employeurs avec des infrastructures de formation pratiques, notamment des laboratoires de simulation, Emversity cherche à garantir des résultats cohérents sur ses différents campus. La société possède actuellement quelque 700 employés, avec une équipe de formateurs souvent déployée sur le terrain. Bien qu’axée sur le marché intérieur, Sinha estime que des opportunités à l’international, notamment dans le secteur de la santé pour faire face au vieillissement démographique dans des pays comme le Japon ou l’Allemagne, pourraient ouvrir à terme des perspectives de développement global.

En résumé, Emversity, par sa stratégie d’intégration de la formation pratique et sa croissance rapide, se positionne comme un acteur clé dans la réduction du décalage entre compétences et emploi, tout en se préparant à répondre à une demande mondiale croissante dans des secteurs essentiels où l’humain reste irremplaçable face à l’essor de l’IA.

Partagez cet article
article précédent

Le fabricant de logiciels robotiques Skild AI atteint une valorisation de 14 milliards de dollars

article suivant

Zoom sur les dernières parutions – 15 janvier 2026 – Centre Inffo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire plus d'articles