La santé mentale est devenue la priorité des salariés: 35% sont même prêts à démissionner pour la préserver (ce qui pourrait coûter cher aux entreprises)

Selon le dernier baromètre Teale, la santé mentale des salariés en France montre des signes d’amélioration, mais cette évolution cache une discordance importante entre la prise en main individuelle du bien-être et le manque d’adaptation de l’organisation du travail. Une situation qui pourrait entraîner de grandes déceptions si les entreprises ne prennent pas rapidement des mesures concrètes pour accompagner cette transformation.

Ce rapport, publié le 13 janvier et basé sur une étude menée auprès de 10 000 collaborateurs issus de plus de 100 entreprises, met en lumière des paradoxes préoccupants : alors que le bien-être global s’améliore légèrement, environ un tiers des salariés envisagent de quitter leur employeur pour préserver leur santé mentale. La moyenne du score de bien-être, mesurée par l’indice WHO-5, passe de 48 en 2023 à 51 en 2025, au-dessus du seuil d’alerte fixé à 50 par l’Organisation mondiale de la Santé.

“La santé mentale s’améliore parce que les salariés agissent à leur échelle, mais l’organisation du travail peine à suivre, créant une source de déception majeure.”

La majorité des salariés semble prendre en main leur propre régulation du stress, intégrant des normes de self-care dans leur quotidien professionnel. Cependant, cette autonomie ne remplace pas une véritable transformation des conditions de travail. Signaux faibles, manque de reconnaissance et conditions souvent inchangées nourrissent un sentiment de frustration et de stress croissant. Près de 40 % des employés jugent désormais leur niveau de stress acceptable comme étant hors de portée ou tout simplement insurmontable, ce qui pose un sérieux problème pour la pérennité du bien-être au sein des structures.

Face à cette réalité, Nicolas Merlaud, cofondateur de Teale, soulignait : “En 2026, soit on passe d’un grand slogan à une grande politique, soit la distance deviendra un départ.” L’organisation doit impérativement s’adapter pour suivre le rythme de la prise de conscience individuelle, sous peine de subir une fuite massive de talents, coûteuse et préjudiciable. Les disparités sont flagrantes, notamment entre les femmes, les salariés non-managers, ou encore ceux travaillant dans des fonctions à forte intensité émotionnelle, qui subissent des baisses de reconnaissance et de relations positives avec leurs employeurs.

Le rôle du manager, souvent perçu comme un support, ne peut pas compenser les manquements structurels. Bien qu’ayant une appréciation favorable (81 % des salariés), il se trouve en position de tampon émotionnel, sans pouvoir réellement agir sur la charge ou les priorités. La plateforme Teale insiste sur la nécessité d’un pilotage data-driven pour instaurer des mesures concrètes : action psychologique, ajustement organisationnel et prise en compte différenciée selon les risques et populations.

Les conséquences à long terme d’un manque d’action sont lourdes pour les entreprises. Selon le baromètre, la mise en œuvre d’actions ciblées pourrait réduire de 14 % le risque d’absentéisme, de 21 % le turnover et augmenter la productivité de 8 %. Investir dans la santé mentale apparaît donc comme un levier stratégique incontournable, dans un contexte où 2026 pourrait marquer une étape décisive pour faire de la santé mentale une véritable priorité décisionnelle, au lieu d’un simple slogan.

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