Depuis la mise en place de la réforme de l’assurance chômage en 2023, la durée d’indemnisation des demandeurs d’emploi a été significativement réduite. La durée maximale d’indemnisation, qui était auparavant de 24 mois, a été ramenée à 18 mois, entraînant une baisse moyenne de 14% de la durée d’indemnisation pour les bénéficiaires, selon un rapport publié ce jeudi 18 décembre par l’Unédic. Cette réforme s’inscrit dans une série de mesures visant à recentrer l’assurance chômage sur la réduction du déficit financier tout en tentant d’inciter à la reprise d’emploi.
Le bilan à mi-parcours montre que cette réduction de la durée d’indemnisation continue de monter en charge. À la fin juillet 2025, près de 71% des allocataires relevaient encore du nouveau régime, qui concerne désormais la majorité des nouveaux entrants depuis le 1er février 2023. Néanmoins, cette réforme n’a pas encore permis d’évaluer clairement ses effets sur la reprise d’emploi, point sur lequel les acteurs restent prudents. La durée d’indemnisation potentielle s’établit désormais à 16 mois en moyenne, contre 20 mois en 2022, soit une baisse de 20%.
La baisse de la durée réellement indemnisée en moyenne, de 14%, est moins prononcée que celle de la durée potentielle, mais elle atteint 20% pour les jeunes de moins de 53 ans. Cette différence s’explique notamment par la configuration des droits, qui peuvent être prolongés pour les seniors, jusqu’à 27 mois pour les plus âgés.
Paradoxalement, alors que la réforme devait limiter la durée de l’indemnisation, le nombre de personnes en fin de droits sans possibilité de rechargement a augmenté de façon sensible depuis 2022. Après avoir diminué, ce chiffre est reparti à la hausse mi-2023, passant de 41 000 à 70 000 en mars 2025, soit une augmentation de près de 78%. La hausse tend à indiquer une difficulté pour certains bénéficiaires à retrouver rapidement un emploi dans un contexte économique incertain, malgré l’objectif affiché de favoriser la reprise professionnelle.
Au-delà de ses impacts sociaux, cette réforme représente aussi un effort financier majeur pour l’État et les organismes de sécurité sociale. Les économies escomptées atteindraient environ 4,5 milliards d’euros par an à l’horizon 2027, sous réserve d’une conjoncture économique stable. Selon l’Unédic, il s’agit de l’une des réformes ayant eu le plus fort impact financier sur l’assurance chômage au cours des dix dernières années. Par ailleurs, une autre réforme en partie entrée en vigueur au printemps 2025 a modifié les critères d’âge pour bénéficier de prolongations de droits, notamment en portant à 55 ou 57 ans l’âge nécessaire pour une indemnisation plus longue.
Ce contexte de réforme annonce également des négociations futures, notamment pour la simplification et la flexibilité du marché du travail. Début 2026, syndicats et patronats devront se pencher sur la question des ruptures conventionnelles afin de réaliser l’objectif de réduction des coûts, estimé à 400 millions d’euros par an. Ces discussions seront cruciales pour tracer la voie d’un système d’assurance chômage plus durable et adapté aux réalités économiques.
