Jensen Huang annonce que Nvidia se retire des investissements dans OpenAI et Anthropic, mais ses explications soulèvent plus de questions qu’elles n’apportent de réponses

Lors de la conférence Morgan Stanley Technology, Media and Telecom à San Francisco mercredi, Jensen Huang, le PDG de Nvidia, a déclaré que ses investissements récents dans OpenAI et Anthropic devraient probablement être les derniers dans ces entreprises. Il explique que, une fois qu’elles entreront en bourse, comme prévu, plus aucune opportunité d’investissement ne sera possible. Cette déclaration intervient dans un contexte où Nvidia réalise déjà d’importants bénéfices en vendant les puces qui alimentent ces deux sociétés, ce qui pourrait laisser penser qu’il n’est pas nécessaire d’investir davantage pour maximiser ses gains.

En réponse à ces déclarations, un porte-parole de Nvidia a orienté la presse vers le transcript du dernier trimestre des résultats de la société, où Huang précisait que tous les investissements de Nvidia visaient « à étendre et approfondir notre portée dans l’écosystème » — un objectif qui semble, selon certains analystes, avoir été atteint avec ces investissements. Toutefois, d’autres dynamiques pourraient expliquer ce retrait progressif, notamment la nature circulaire de ces investissements. Lorsqu’en septembre dernier, Nvidia annonçait un investissement pouvant aller jusqu’à 100 milliards de dollars dans OpenAI, le professeur Michael Cusumano de MIT Sloan l’avait déjà qualifié de « peu significatif », soulignant que « Nvidia investit 100 milliards dans OpenAI et OpenAI prévoit d’acheter autant, ou plus, de puces Nvidia ».

Il est possible que cette décision reflète également la crainte d’un effondrement spéculatif autour de ces investissements, surtout après que le montant final versé par Nvidia dans la dernière levée de fonds d’OpenAI, de 30 milliards de dollars, soit bien inférieur à l’engagement initial.

Ce retrait volontaire intervient alors que la relation de Nvidia avec Anthropic paraît également compliquée. En novembre dernier, Nvidia annonçait un investissement de 10 milliards de dollars, mais peu de temps après, le CEO d’Anthropic, Dario Amodei, a critiqué publiquement la vente de processeurs d’Intel à des clients chinois, comparant cette pratique à « la vente d’armes nucléaires à la Corée du Nord » lors du forum de Davos. Plus récemment, l’administration Trump a mis Anthropic sur liste noire, empêchant toute utilisation de ses modèles par des agences fédérales ou militaires, en raison de refus de limiter leur usage à des applications militaires autonomes ou de surveillance de masse.

Dans la foulée, OpenAI a annoncé avoir signé un contrat avec le Pentagone, ce que Anthropic a qualifié de « démarche mensongère ». Ces événements ont clairement créé une dynamique contradictoire pour Nvidia, qui détient des parts dans deux entreprises évoluant dans des directions diamétralement opposées. La question demeure donc : quels sont les véritables motifs derrière cette réduction des investissements, et à quoi peut-on s’attendre dans un futur proche ?

Selon certains analystes, la raison avancée par Huang, à savoir la fermeture de la fenêtre d’opportunités d’entrée en bourse, ne semble pas entièrement crédible, étant donné la complexité et le stade avancé des financements et des stratégies de ces entreprises. La réalité pourrait plutôt être une volonté de Nvidia de tourner la page d’un environnement devenu trop compliqué, ou d’ajuster sa stratégie face à des enjeux géopolitiques sensibles et à la montée des tensions dans le secteur.

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