La France traverse actuellement une période d’incertitude politique sans précédent, avec une séquence institutionnelle marquée par la dissolution de l’Assemblée nationale, des recours répétés au 49.3 et une adoption tardive du budget 2026. Ces événements ont fortement brouillé la visibilité économique du pays, entraînant un ralentissement de la croissance en 2025 de 0,3 % par rapport aux prévisions initiales. Une étude récente d’Indeed souligne d’ailleurs que 62 % des entreprises ont déjà modifié leurs plans de recrutement ou d’investissement, témoignant d’un attentisme généralisé face à cette instabilité.
Ce climat d’incertitude a également un impact marqué sur les comportements des candidats. Selon les chiffres, 87 % des chercheurs d’emploi considèrent que la conjoncture freine leurs décisions de recrutement, et deux actifs sur trois ont revu leurs plans professionnels. Concrètement, 39 % ont déjà pris des mesures telles que changer de secteur pour des domaines jugés plus porteurs (23 %), suivre une formation (15 %) ou accepter un poste en dessous de leurs qualifications (17 %). Cette stratégie de sécurisation, appelée aussi career cushioning, témoigne de la volonté des actifs de limiter les risques dans un contexte instable.
Les entreprises, confrontées à cette crise, sont contraintes d’arbitrer dans l’urgence, avec de nombreux contrôles sur leur capacité d’investissement et leur stratégie de croissance.
Face à cette situation, les entreprises adoptent des mesures radicales pour faire face à la crise. Selon l’enquête, 76 % d’entre elles anticipent une réduction des budgets de formation, notamment dans les PME (86 %) et les ETI (80 %). Par ailleurs, 79 % envisagent de limiter les promotions, et 24 % ont déjà gelé leurs perspectives de carrière. La tendance est également à un report ou à un gel des augmentations salariales, avec 74 % des recruteurs prévoyant cette correction, ce chiffre atteignant 80 % dans les PME. Ces ajustements traduisent une gestion prudente mais également des restrictions qui pourraient durer dans le temps.
Plus préoccupant encore, certains acteurs envisagent des mesures beaucoup plus lourdes. Selon les analyses, 30 % des entreprises pourraient être contraintes de fermer si la crise perdure, un chiffre qui atteint 41 % dans les PME et 46 % dans les ETI. Déjà, 10 % d’entre elles ont acté leur fermeture, principalement dans les structures de 20 à 49 salariés (27 %), alors que les grandes entreprises résistent davantage avec seulement 2 % de fermetures constatées. La fragilité du marché de l’emploi 2026 s’accentue ainsi, notamment dans les secteurs des Services, du Tertiaire, de l’Industrie et du BTP, où 14 % des firmes ont déjà fermé leurs portes.
