Selon une récente révélation de la FCPE, le nombre de jours d’absence en classe dû à la pénurie d’enseignants en France est alarmant, avec des impacts directs sur la réussite et la continuité pédagogique. La crise ne se limite pas à l’Hexagone ; du côté de l’Angleterre, la situation est tout aussi critique, voire plus. En effet, le pays doit faire face à un déficit massif d’enseignants, avec un quart des écoles sans professeur de physique, ce qui pose de graves questions sur la qualité de l’enseignement et la gestion des ressources éducatives.
À l’international, notamment en Grande-Bretagne, la crise est exacerbée par un taux de vacance des postes qui a doublé par rapport à l’avant-Covid. En 2024, plus de six écoles sur mille ne disposent pas de professeur, un chiffre qui témoigne de la gravité de la situation. Les enseignants sont contraints d’effectuer en moyenne 26 heures supplémentaires chaque semaine, sans aucune compensation, ce qui contribue à leur surcharge de travail et à leur démission. Travailler le soir ou durant le week-end devient la norme pour corriger des copies ou préparer les cours, mettant en péril leur équilibre professionnel et personnel.
Pour faire face à cette crise, une solution innovante est à l’étude : la semaine de quatre jours devant les élèves, permettant aux enseignants de consacrer une journée supplémentaire à la correction et à la préparation, tout en conservant un rythme de travail intensif.
Plusieurs expérimentations dans des écoles anglaises donnent un aperçu prometteur de cette nouvelle organisation. Par exemple, dans le réseau d’académies Dixons, les enseignants travaillent neuf jours toutes les deux semaines, au lieu de dix. Résultat : un taux de rotation du personnel réduit de 43 %, une baisse de l’absentéisme de 9 %, et une augmentation de 12 % des candidatures pour les postes d’enseignants. Ces chiffres illustrent que réorganiser le temps de travail pourrait non seulement fidéliser le personnel mais aussi améliorer la qualité de l’éducation dispensée.
Au-delà des questions d’organisation, cette réforme soulève des enjeux logistiques et financiers majeurs. Si l’option retenue consiste à fermer les écoles un jour par semaine, cela poserait des problèmes de garde d’enfants, tandis que maintenir les écoles ouvertes nécessiterait de nouvelles embauches. De plus, l’impact sur la durée hebdomadaire des cours présente une série d’incertitudes quant à la qualité de l’enseignement. La mise en œuvre de cette mesure pourrait coûter cher, mais permettrait potentiellement de réaliser des économies en réduisant l’usage de personnels vacataires, souvent sous-payés et temporaires.
En effet, chaque année, le gouvernement britannique dépense environ 1,25 milliard de livres sterling pour recruter du personnel couvert par des agences, souvent à des coûts plus élevés pour le système scolaire. La réduction de la pénurie d’enseignants pourrait donc se révéler économiquement bénéfique, tout en améliorant les conditions de travail des enseignants et la qualité de la formation des élèves.
