Les chatbots alimentés par l’intelligence artificielle améliorent rapidement leur capacité à répondre aux questions, résumer des documents et résoudre des équations mathématiques. Cependant, ils sont encore principalement conçus comme des assistants utiles pour un utilisateur à la fois, ne gérant pas efficacement les aspects plus complexes de la collaboration humaine. La coordination d’équipes aux priorités divergentes, le suivi de décisions à long terme ou encore le maintien de l’alignement entre membres restent des défis majeurs. C’est dans ce contexte que Humans&, une startup récente fondée par des anciens d’Anthropic, Meta, OpenAI, xAI et Google DeepMind, se positionne comme un acteur innovant, estimant que combler ce vide constitue la prochaine étape cruciale pour les modèles fondamentaux d’IA.
La société a récemment levé 480 millions de dollars en financement d’amorçage pour développer ce qu’elle décrit comme un « système nerveux central » pour l’économie alimentée par l’humain et l’IA. Si la communication initiale insiste sur une IA conçue pour « autonomiser l’humain », l’objectif réel de Humans& est plus audacieux : concevoir une nouvelle architecture de modèle fondation, spécifiquement adaptée à l’intelligence sociale, plutôt qu’à la simple récupération d’information ou à la génération de code. Andi Peng, l’un des co-fondateurs et ancien employé d’Anthropic, explique que cette transition marque la fin d’une première ère où les modèles de question-réponse étaient spécialisés sur des domaines précis, pour entrer dans une seconde phase où le grand public tente de comprendre comment exploiter cette multitude d’outils intelligents.
Humans& vise à devenir la couche de coordination qui relie toute organisation, qu’il s’agisse d’une entreprise de 10 000 employés ou d’une famille, en comprenant les compétences, motivations et besoins de chacun pour équilibrer l’ensemble.
Pour ce faire, la startup n’en envisage pas une simple intégration aux outils existants comme Slack ou Google Docs. Elle souhaite maîtriser la couche de collaboration, créant un système capable d’améliorer l’interaction entre êtres humains et IA dans des contextes de communication et de coordination. L’objectif est que leur modèle, encore en développement, puisse poser des questions de manière plus naturelle, semblable à celle d’un ami ou d’un collègue, en comprenant la valeur de ces questions, contrairement aux chatbots actuels qui posent des questions sans véritable compréhension du contexte.
Le futur produit pourrait ainsi révolutionner la façon dont les groupes prennent des décisions, facilitant la communication et la collaboration dans des environnements variés, puisant dans la conception même du modèle. En coulisses, Humans& repense également la formation du modèle, en utilisant des techniques de renforcement à long terme et multi-agent, permettant à l’IA d’anticiper, de planifier et de suivre des processus répétitifs ou longs, tout en collaborant avec des humains. Ces avancées, soutenues par la recherche académique, promettent de faire évoluer les systèmes d’IA vers une coordination proactive plutôt que simplement réactive.
Malgré ses ambitions, la société devra faire face à d’importants défis, notamment le financement massif nécessaire pour entraîner et faire évoluer son modèle, ainsi que la concurrence féroce des géants du secteur comme Meta, OpenAI ou DeepMind, qui investissent eux aussi dans de nouvelles façons de favoriser la collaboration humaine à l’aide de l’IA. Cependant, Humans& détient une position stratégique unique en se concentrant sur une architecture centrée sur l’intelligence sociale, ce qui pourrait lui donner un avantage significatif ou en faire une cible d’acquisition. La société affirme déjà avoir repoussé des propositions d’intérêt de la part d’autres acteurs et reste convaincue de la vision à long terme de leur projet.
