Le phénomène du ghosting en recrutement, caractérisé par l’absence de réponse des employeurs aux candidats tout au long du processus, prend une ampleur considérable en 2026. Selon une étude de Jooble, 80 % des postulants déclarent ne pas recevoir de retour après un entretien, et près de 59 % d’entre eux ont vécu cette expérience à plusieurs reprises. Ces silences prolongés, souvent observés dès l’envoi du CV avec 80,7 % des cas, alimentent un malaise grandissant chez les candidats et nuisent à l’image des entreprises.
Les conséquences psychologiques de cette absence de feedback sont également préoccupantes : près de 46,3 % des candidats expliquent que cela réduit leur confiance en leurs compétences et peut décourager certains talents de poursuivre leur recherche d’emploi. La frustration engendrée par ces pratiques remet en question la relation de confiance entre employeurs et postulants, renforçant ainsi l’idée qu’une régulation pourrait devenir nécessaire pour encadrer cette tendance.
Une majorité de candidats souhaitent désormais que la législation impose aux entreprises de répondre à chaque étape du processus, afin de garantir une transparence essentielle pour leur expérience et leur perception de l’employeur.
Face à cette problématique, plusieurs innovations technologiques, notamment l’intelligence artificielle, commencent à être déployées pour automatiser les réponses à grande échelle. Selon Yana Levchenko, Country Manager France chez Jooble, intégrer ces outils dans une logique de relations humaines permettrait d’humaniser davantage le processus, tout en respectant le temps des recruteurs. D’ailleurs, 85 % des candidats sont ouverts à un pré-entretien mené par une IA, et 74 % préfèrent recevoir un refus automatique plutôt que de rester sans réponse, ce qui témoigne d’une évolution des attentes.
Les candidats ne sont pas les seuls à souhaiter un changement ; cette contestation collective pourrait ouvrir la voie à une future législation. Selon l’enquête de Jooble, 86,4 % des postulants seraient favorables à une loi obligeant les entreprises à répondre à toute candidature reçue. Ce cadre réglementaire pourrait ainsi garantir plus de transparence et renforcer le lien de confiance entre employeurs et talents dans un marché du recrutement de plus en plus concurrentiel et sensible aux enjeux éthiques.
