Une étude récente de Santé publique France, portant sur la période de 2009 à 2023, met en évidence une réalité préoccupante pour les salariés du secteur bancaire et des assurances : une prévalence élevée de troubles psychiques liés au travail. Selon cette étude, ces travailleurs sont davantage exposés à des conditions organisationnelles difficiles, notamment des charges de travail importantes et des dysfonctionnements au niveau managérial, qui contribuent à leur mal-être.
Les chiffres révélés sont alarmants, en particulier pour les femmes. En effet, 5,6 % des femmes œuvrant dans ces secteurs souffrent de troubles psychiques en lien avec leur emploi, contre une moyenne de 4,2 % dans l’ensemble des autres secteurs. Chez les hommes, la différence est également frappante : 3,7 % contre 2,0 %. Les tranches d’âge comprises entre 35 et 54 ans sont particulièrement concernées, soulignant une vulnérabilité accrue à cette période cruciale de la vie professionnelle.
“La nécessité d’améliorer la gestion des contraintes organisationnelles et managériales afin de préserver la santé mentale de ces salariés “.
Les secteurs des banques et des assurances présentent également une surreprésentation de cadres, davantage exposés aux pressions et aux tensions au travail. Ces responsabilités accrues semblent amplifier le risque de souffrance psychique, contrairement à d’autres professions où ces responsabilités sont moins concentrées. Par ailleurs, une enquête menée par le syndicat SNB, publiée en début d’année, évoquait des constats alarmants : 25 % des salariés du secteur bancaire présentaient des signes de mal-être pouvant évoquer la dépression, 44 % étaient menacés par le burnout, et 40 % en agence ressentaient de la peur au travail, notamment à cause des tensions avec les clients.
Les résultats de cette étude traduisent une fragilisation structurelle du rapport au travail dans le secteur bancaire, accentuée par une intensification des risques psychosociaux. Ce contexte soumet ces salariés à une pression constante qui nuit à leur santé mentale, renforçant ainsi l’appel à une meilleure régulation des contraintes organisationnelles. Santé publique France insiste sur la nécessité de mettre en place des mesures pour limiter l’impact de ces facteurs sur la santé mentale des travailleurs, afin de prévenir une détérioration encore plus importante de leur condition.
