La transition écologique en France s’impose comme un défi majeur pour le marché de l’emploi, qui doit s’adapter rapidement à de nouvelles exigences en matière de compétences techniques. Selon une étude publiée par l’Apec le 18 décembre 2025, cette évolution ne concerne pas uniquement la création de nouveaux emplois, mais également la transformation profonde des métiers existants. La décarbonation incite notamment les entreprises à rechercher des profils dotés de compétences spécifiques pour répondre aux impératifs environnementaux croissants.
En se basant sur les scénarios élaborés par France Stratégie et la Dares en 2022, l’étude projette des impacts différenciés selon le contexte politique et réglementaire. Le scénario de référence, qui prévoit peu de changements, contraste avec le scénario bas-carbone, qui prévoit une forte impulsion dans la transition écologique avec des investissements équivalant à un point de PIB par an jusqu’en 2030. Dans ce dernier contexte, certains secteurs comme la construction ou la recherche et développement seront particulièrement sollicités, tandis que d’autres, tels que la chimie ou le transport, pourraient connaître des impacts négatifs.
Plus que la création de nouveaux emplois, c’est la nécessité d’acquérir des compétences très spécialisées qui prédomine pour accompagner la transition écologique en France.
Les résultats montrent qu’environ 32 000 postes d’ingénieurs et de cadres seront créés d’ici 2030 dans un contexte bas-carbone, avec l’émergence de nouveaux profils, tels que “chef.fe de projet décarbonation”, “green IT manager”, ou “analyste financier durable”. Ces métiers nécessitent un savoir-faire pointu pour piloter les stratégies de réduction d’empreinte carbone tout en maintenant la performance économique. Les recruteurs sont donc à la recherche de professionnels capables de conjuguer expertise technique et vision stratégique pour accompagner ce changement de paradigme.
De plus, la recherche de compétences “vertes” s’intensifie rapidement. En 2024, 23% des offres d’emploi publiées par l’Apec pour des métiers stratégiques exigeaient déjà ces compétences, en augmentation de 8 points par rapport à 2019. Ces compétences concernent des domaines variés, allant de la maîtrise des énergies renouvelables à l’écoconception, en passant par la gestion des risques environnementaux. Les secteurs du bâtiment, de l’énergie ou encore des activités industrielles sont particulièrement demandeurs, cherchant des profils capables de réaliser des bilans carbone, de mettre en œuvre des politiques d’achats durables ou de maîtriser la réglementation environnementale.
