Entretien annuel : pourquoi les salariés n’en veulent plus en 2026 ?

Selon une étude récente menée par l’Ifop pour Deel, l’entretien annuel, qui constitue autrefois un pilier des pratiques RH, est désormais fortement contesté par une majorité de salariés. En effet, 41 % d’entre eux estiment que cet exercice est inutile et n’a pas d’impact réel sur leur évolution professionnelle. Malgré la pérennité de cette pratique dans la majorité des entreprises, cette remise en question soulève des interrogations sur l’avenir de cet outil traditionnel d’évaluation.

En pratique, 75 % des salariés interrogés déclarent avoir participé à un entretien annuel au cours des douze derniers mois, mais l’adhésion est loin d’être unanime. Une majorité ressent de l’indifférence à l’approche de ces entretiens (43 %), tandis que 16 % évoquent un sentiment de stress face à cette échéance. L’entretien est désormais souvent perçu comme une formalité administrative, peu susceptible d’apporter des leviers concrets pour la carrière ou le développement personnel des collaborateurs. Cette perception négative est accentuée par le manque de résultats tangibles issus de ces échanges, puisque plus de quatre salariés sur dix considèrent que les décisions prises lors de l’entretien ne sont ni suivies ni réellement appliquées.

Sans adaptation, ce rituel RH pourrait perdre définitivement son sens à l’horizon 2026.

Ce scepticisme est encore plus marqué chez les salariés de plus de 35 ans, qui voient dans cet exercice un format répétitif et peu transformatif, contribuant à une lassitude croissante. Dans un contexte où le travail hybride devient la norme et où les compétences évoluent rapidement, cette déconnexion entre attentes et pratiques fragilise la légitimité de l’entretien annuel. De nombreux salariés aujourd’hui attendent des échanges plus réguliers, plus pertinents et directement liés à leur réalité professionnelle. À défaut d’adaptation, la pratique pourrait disparaître ou perdre toute sa crédibilité dans les années à venir, notamment d’ici 2026.

Parmi les attentes exprimées par les salariés, plusieurs chiffres clés ressortent : 58 % souhaiteraient une reconnaissance financière, 55 % réclament une écoute véritable et la prise en compte de leurs retours, tandis que 43 % veulent des objectifs plus motivants. De plus, 38 % souhaitent accéder davantage à la formation et au développement de leurs compétences, une proportion qui monte à 43 % parmi les moins de 35 ans. Ces données soulignent que le modèle actuel d’entretien, centrée sur une évaluation du passé, ne répond plus aux enjeux de transformation des métiers et des carrières.

Autre élément inquiétant pour les responsables RH : 33 % des salariés déclarent ne pas faire confiance à leur manager pour évaluer leur performance. Ce déficit de confiance, combiné à une perception subjective et descendante de l’entretien, fragilise sérieusement la légitimité de cette pratique. En réponse, 34 % des salariés préféreraient des feedbacks continus tout au long de l’année plutôt qu’un rendez-vous unique et figé. Pour les directions RH, il ne s’agit donc pas de supprimer l’entretien annuel, mais de le repenser intégralement. En l’intégrant dans une logique de feedback régulier, de suivi des compétences et de dialogue constant, cet outil pourrait redevenir un moment de synthèse utile et déterminant pour l’évolution des collaborateurs. Faute de quoi, l’obstacle pourrait devenir insurmontable, et le rituel disparaître d’ici 2026.

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