Elles ne demandent pas moins d’augmentation mais elles l’obtiennent moins souvent: chez les cadres, les femmes gagnent 7% de moins que les hommes (et ça n’évolue pas)

Selon une étude récente de l’Apec publiée ce mardi 3 mars, l’écart salarial entre hommes et femmes cadres à poste et profil équivalents demeure stable à environ 7% chaque année depuis 2013. Malgré les avancées dans la sensibilisation aux inégalités, cet écart ne semble pas se réduire, ce qui soulève des questions sur l’efficacité des mesures en place et la persistance des biais structurels dans le monde professionnel.

La perception des inégalités salariales diffère considérablement selon le genre. Seuls 29% des hommes reconnaissent l’existence d’inégalités non justifiables entre les sexes dans leur secteur, contre près de la moitié des femmes (48%). Ce décalage de perception peut expliquer en partie la difficulté à provoquer des changements concrets, malgré la réalité des chiffres. D’ailleurs, à poste comparable, l’écart salarial se creuse avec l’âge, atteignant 12% après 55 ans, selon l’Apec.

Malgré des perceptions divergentes, la réalité des inégalités salariales reste indiscutable, et la transparence pourrait être une clé pour y mettre fin.

En matière de réussite professionnelle, 40% des femmes cadres estiment qu’elles ont moins de chances de réussite comparées à leurs homologues masculins, contre seulement 16% des hommes. Par ailleurs, une majorité de femmes (51%) pense que leur rémunération ne reflète pas pleinement leurs contributions, preuve d’un sentiment d’injustice ressenti dans le milieu professionnel. Si elles demandent des augmentations aussi souvent que les hommes, elles en obtiennent moins (58% contre 65%), ce qui met en lumière une inégalité dans la reconnaissance.

Une nouvelle directive européenne sur la transparence salariale pourrait constituer un levier majeur pour réduire ces disparités si elle est mise en œuvre de manière efficace. Elle prévoit notamment que chaque employé puisse demander la moyenne des salaires de son poste ou d’un poste équivalent. Cependant, 40% des femmes cadres se disent peu confiantes pour exercer ce droit, craignant une mauvaise perception par leur employeur, ce qui limite leur accès à cette information essentielle. De plus, 70% des entreprises restent sceptiques quant aux effets réels de cette directive, indiquant ainsi un certain ralentissement dans la transposition du texte en France, prévue pour juin prochain.

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