Selon une étude récente de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), l’écart salarial entre hommes et femmes cadres à poste et profil équivalents demeure stable à environ 7% depuis 2013. Ce constat souligne que, malgré les avancées sociétales, les inégalités salariales persistent dans le secteur privé. L’étude met en évidence que cet écart se creuse avec l’âge, atteignant 12% après 55 ans, et apparaît dès le début de la carrière.
Les perceptions de ces inégalités diffèrent considérablement selon le genre. Alors que seuls 29% des hommes cadres reconnaissent l’existence d’inégalités salariales injustifiées, 48% des femmes partagent cette opinion. Cette divergence traduit peut-être une certaine méconnaissance ou une distance face à la réalité que vivent les femmes dans leur parcours professionnel.
Les femmes ont aussi tendance à penser qu’elles doivent fournir davantage d’efforts que leurs collègues masculins pour obtenir une augmentation, bien qu’elles ne demandent pas moins d’augmentation en fait. Elles en obtiennent toutefois moins souvent : 58% contre 65% pour les hommes. Par ailleurs, 40% des femmes cadres estiment ne pas avoir les mêmes chances de réussite que leurs homologues masculins, un chiffre bien supérieur à celui des hommes (16%).
La mise en place de la transparence salariale, notamment à travers la directive européenne, pourrait devenir un levier crucial pour réduire ces inégalités, à condition que toutes les salariées se sentent en confiance pour l’exercer.
Une des initiatives phares dans ce contexte est la directive européenne sur la transparence salariale, qui doit permettre à chaque employé de connaître la rémunération moyenne de ses collègues effectuant le même travail ou un travail de valeur équivalente. Cependant, une majorité d’entreprises françaises restent sceptiques quant à l’efficacité réelle de cette mesure, ce qui pourrait ralentir sa mise en œuvre. La transposition de cette directive en droit français a pris du retard, avec une échéance initiale fixée au 7 juin, et la promulgation attendue pour 2027.
En conclusion, malgré la reconnaissance croissante des inégalités, leur arc reste difficile à briser. La transparence salariale pourrait constituer une étape majeure vers une égalité réelle, mais elle doit être accompagnée d’une confiance renforcée et d’une culture d’entreprise plus égalitaire pour porter ses fruits. La vigilance reste de mise pour que ces mesures deviennent réellement efficaces et permettent une évolution significative dans la réduction des écarts de rémunération entre femmes et hommes cadres.
