Selon le baromètre Equileap publié aujourd’hui à 05h56, la France se distingue par ses progrès en matière d’égalité entre les sexes dans le secteur privé. Ce classement, qui évalue 19 critères liés à la représentation des femmes dans la gouvernance et la politique d’entreprise, place l’Hexagone en deuxième position, juste derrière l’Espagne. La France affiche notamment une performance remarquable dans la parité au sein des conseils d’administration, où 46% des sièges sont occupés par des femmes, un record mondial grâce à une législation favorable.
Ce classement annuel compare les performances de 3 430 grandes entreprises réparties dans 24 pays, dont la capitalisation boursière dépasse 2 milliards de dollars. Parmi ces critères, on trouve la représentation dans les postes de direction, les écarts de salaire, ainsi que les politiques de recrutement et de lutte contre les violences sexistes. La France obtient un score global de 59%, se classant à la deuxième place derrière l’Espagne (60%). D’autres pays européens comme l’Italie, la Norvège et le Royaume-Uni complètent le top 5, montrant une tendance européenne favorable à l’égalité.
La féminisation des instances dirigeantes pourrait s’accélérer, mais le plafond de verre demeure solide pour les postes de PDG en France.
Malgré ces avancées, certains secteurs restent encore très masculins. Les femmes occupent ainsi seulement 28% des postes de dirigeants, et 32% des postes de managers seniors. La loi française impose depuis 2011 une représentation féminine minimale de 40% dans les conseils d’administration, ce qui explique en partie ces bons résultats. Cependant, la féminisation des instances de direction pourrait encore progresser avec la mise en place, à partir de mars 2026, d’obligations pour que les comités de direction comptent au moins 30% de femmes, puis 40% en 2029. Toutefois, le plafond de verre reste visiblement solide pour les postes de PDG, femmes n’occupant que 10% de ces fonctions dans les entreprises analysées, une légère amélioration par rapport à 2025 (8%).
Quant à l’écart salarial, la France continue de souffrir d’un décalage significatif : selon l’Insee, les femmes sont payées en moyenne 21,8% de moins que les hommes. Même à poste égal, cet écart n’est que partiellement réduit, à 3,6%, ce qui montre que des inégalités persistent malgré une législation renforcée. Cependant, une directive européenne sur la transparence salariale, adoptée récemment, pourrait favoriser la réduction de ces écarts en obligeant les entreprises à publier des données détaillées sur les rémunérations selon le sexe.
En Espagne, la situation est encore plus avancée : depuis 2021, les entreprises doivent tenir des registres précis sur la rémunération et élaborer des plans d’égalité, avec la publication systématique de rapports détaillés sur les écarts de salaire. De plus, l’Espagne possède une politique anti-harcèlement sexuel universelle en milieu professionnel, avec un taux d’adoption parmi les entreprises de 100%, contrastant avec 86-88% dans d’autres pays européens comme la France ou les Pays-Bas. Ces initiatives témoignent d’une volonté plus globale de lutter contre toutes les formes de discrimination sexuelle au travail.
