Hachette Book Group a annoncé qu’il ne publiera pas le roman intitulé « Shy Girl » après avoir détecté des soupçons d’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour générer le texte. Prévu initialement pour une sortie aux États-Unis au printemps, le livre sera également retiré du marché britannique, où il était déjà disponible. La maison d’édition a indiqué que cette décision faisait suite à un examen approfondi du contenu, bien que de nombreux évaluateurs sur des plateformes comme GoodReads et YouTube aient déjà supputé que l’œuvre pourrait être issue d’une IA.
Le New York Times a révélé avoir interrogé Hachette à propos de ces suspicions dès la veille de l’annonce officielle. La romancière Mia Ballard, auteure de « Shy Girl », a nié avoir utilisé l’IA pour rédiger son roman, imputant plutôt la responsabilité à une connaissance qu’elle aurait engagée pour éditer la version initiale, autoéditée. Elle a affirmé entreprendre des démarches légales face à cette controverse, précisant que « ma santé mentale est au plus bas et mon nom est terni pour quelque chose que je n’ai pas fait. »
Ce cas soulève également des questionnements sur les pratiques éditoriales dans l’industrie du livre. Selon Lincoln Michel et d’autres observateurs, lorsqu’un titre est déjà publié sous une autre forme, comme dans le cas de cette auteure, les éditeurs américains ne procèdent que rarement à des modifications approfondies lors de l’acquisition. Cela peut compliquer la détection de contenu généré artificiellement, surtout si le texte a été retravaillé par des éditeurs ou des tiers.
« La controverse autour de ‘Shy Girl’ illustre à quel point la frontière entre création humaine et génération automatique reste floue, et à quel point cela peut nuire à la réputation des auteurs innocents. »
Face à ces circonstances, l’affaire « Shy Girl » met en lumière non seulement les défis liés à l’utilisation de l’IA dans la littérature, mais aussi les risques pour les auteurs dont la crédibilité est mise à mal malgré leur innocence. La situation souligne la nécessité pour les maisons d’édition de renforcer leurs mécanismes de vérification et de clarification, afin de préserver la confiance des lecteurs et la réputation des créateurs dans un contexte de progrès technologique rapide.
