Une récente étude menée par Factorial en collaboration avec Opinion Way met en lumière la persistance des inégalités de genre dans le monde du travail français, notamment en ce qui concerne la double journée. Selon cette étude, près de 80 % des salariés de bureau estiment que les femmes subissent davantage cette réalité, avec un écart marqué entre les sexes : 92 % chez les femmes contre 66 % chez les hommes. La double journée correspond à la surcharge combinée du travail professionnel et des responsabilités domestiques, qui entraîne une fatigue accrue et limite la disponibilité des femmes pour des missions à forte visibilité ou pour leur évolution professionnelle.
Ce décalage n’est pas seulement perçu ; il a également des conséquences tangibles sur leur carrière et leur santé. Ainsi, 79 % des salariés considèrent que les postes de direction restent plus accessibles aux hommes. Malgré des compétences équivalentes, 87 % des femmes confirment devoir fournir plus d’efforts pour évoluer dans leur parcours professionnel. Sur le plan de la santé, deux tiers des salariés pensent que les femmes sont plus exposées au risque d’épuisement professionnel, un phénomène directement lié à la double journée. Ces chiffres illustrent clairement que cette double charge constitue un frein majeur à l’égalité réelle entre les sexes dans le monde du travail.
La double journée continue d’entraver la progression professionnelle des femmes, tout en impactant leur bien-être et leur santé au travail.
Face à cette situation, les entreprises et les politiques RH doivent agir de manière concrète pour réduire ces inégalités. Les leviers comme la flexibilité du travail, l’évolution des évaluations de performance ou encore la culture interne jouent un rôle essentiel. La flexibilité permet d’articuler plus efficacement vie professionnelle et vie personnelle, tandis que la sensibilisation aux stéréotypes et biais organisationnels peut contribuer à une meilleure compréhension des réalités vécues par les salariées. Les attentes des salariés en la matière sont fortes : 75 % souhaitent que les entreprises s’engagent davantage en faveur de la mixité, notamment chez les femmes, souvent les premières victimes de ces discriminations.
En dépit de progrès tels que l’amélioration de l’égalité salariale, l’égalité de traitement reste encore loin d’être atteinte. La double journée est encore un obstacle tangible à la progression professionnelle des femmes et à leur épanouissement. Les ressources humaines ont un rôle stratégique à jouer pour transformer cette réalité et instaurer un environnement de travail plus équitable. La mise en œuvre de politiques inclusives, la sensibilisation et la réduction des biais organisationnels sont autant d’actions nécessaires pour que l’égalité ne soit plus qu’un objectif mais une réalité concrète au sein des entreprises françaises.
