Dans les entreprises à but d’emploi, la formation « apparait comme une nécessité » (Cereq) – Centre Inffo

Depuis le lancement de l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée, une réflexion s’est concentrée sur les modalités d’accompagnement des personnes privées durablement d’emploi. Selon une récente publication du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq) datée de décembre 2025, cette initiative privilégie d’abord l’accès à l’emploi plutôt que la formation professionnelle, ce qui soulève des interrogations quant à l’intégration d’un volet formel dans ces parcours.

Ce dispositif innovant propose à toute personne volontaire en situation de chômage de longue durée — c’est-à-dire privée d’un emploi depuis plus d’un an — un CDI dans des entreprises créées spécifiquement pour cette cause, appelées “entreprises à but d’emploi” (EBE). L’objectif premier étant de garantir un emploi durable, ces structures mettent en place, selon le Cereq, un contexte où la formation informelle et l’apprentissage sur le terrain prennent parfois le pas sur les formations classiques, ce qui peut limiter l’accès à des compétences formalisées et reconnues.

Le rapport souligne que, si la priorité initiale était de remettre ces personnes en emploi, une reconnaissance de la nécessité d’une formation plus structurée commence à émerger. “La formation apparaît désormais comme essentielle pour stabiliser les parcours et construire de véritables projets professionnels”, indique le Cereq. En effet, les pratiques observées dans ces entreprises montrent un recours accru à des formes d’apprentissage non formel, souvent contextualisées et adaptées aux réalités du terrain, mais celles-ci ne remplacent pas toujours la formation professionnelle formelle, qui reste un levier clé pour la reconnaissance des compétences et l’évolution des parcours.

La formation devient une composante essentielle pour la stabilité et la progression professionnelle des bénéficiaires, même si elle doit s’intégrer dans le contexte particulier de ces entreprises à but d’emploi.

Ce constat invite à repenser l’articulation entre emploi et formation dans le cadre des politiques publiques visant l’insertion durable. Alors que la priorité reste l’accès à l’emploi, le défi consiste désormais à structurer davantage la formation, qu’elle soit formelle ou informelle, afin d’assurer une véritable montée en compétence des personnes engagées dans ce dispositif. Si le modèle montre des premiers signes de succès en termes d’insertion, il soulève aussi la nécessité d’accompagner ces parcours avec des outils pédagogiques adaptés, le tout dans une logique de parcours professionnel cohérent et reconnu.

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