Blue Monday 2026 : les véritables enjeux de la santé mentale

Le Blue Monday, cette date supposée la plus déprimante de l’année, repose en réalité sur une équation inventée au début des années 2000 par l’agence Sky Travel. Cette formule, qui prétend estimer le jour le plus morose de l’année, n’a jamais été validée par la communauté scientifique et fait l’objet de critiques récurrentes. Malgré cela, le Blue Monday 2026 continue de susciter le débat public, agissant comme un révélateur collectif des fragilités psychologiques liées au travail.

Pour les professionnels des ressources humaines, cette journée devient un point d’entrée vers une problématique plus globale : la santé mentale en entreprise. La troisième édition du Baromètre de la Santé Mentale des salariés, publié par Teale, montre que le score moyen atteint 51 sur 100 en 2025, à peine au-dessus du seuil d’alerte fixé par l’OMS à 50. Cette progression demeure fragile, illustrant que la situation nécessite une attention accrue. Par ailleurs, 35 % des salariés ont envisagé de quitter leur entreprise pour préserver leur santé mentale, un chiffre en constante augmentation depuis 2023, ce qui traduit une tendance inquiétante.

“La santé mentale progresse, mais le lien au travail se dégrade, nécessitant une action stratégique et durable.”

Malgré une amélioration mineure des ressources individuelles face au stress, notamment grâce à une meilleure régulation émotionnelle, les indicateurs organisationnels en revanche suivent une trajectoire défavorable. La perception de reconnaissance se détériore, passant à 62 %, et le stress considéré comme « acceptable » chute à 61,1 %. Ces signaux faibles traduisent une dégradation du cadre de travail, même si la productivité perçue reste stable à environ 59,8 %. Ce paradoxe masque une désaffiliation silencieuse : les salariés continuent à produire, mais s’attachent de moins en moins à leur organisation.

Les disparités apparaissent également en matière de reconnaissance et d’alignement avec les valeurs de l’entreprise. Selon l’étude, seuls 39,5 % des salariés qui envisagent un départ se sentent en accord avec les valeurs de leur organisation, contre 75,3 % pour ceux qui restent. La reconnaissance apparaît ainsi comme un facteur clé de fidélisation ou de désengagement. En particulier, le coût économique pour les entreprises est considérable : l’estimation de Teale évoque un coût annuel moyen de 3 800 euros par salarié pour la gestion des problèmes liés à la santé mentale, incluant l’absentéisme, le turnover et la baisse de performance.

Le Baromètre EGYM Wellpass 2025 confirme cette crise profonde : 87 % des salariés s’inquiètent des conditions de travail et de leur impact sur la santé, et plus d’un sur deux constate déjà un effet négatif sur leur performance. La santé mentale devient le principal point de tension, avec 53 % des salariés estimant que leur travail fragilise leur équilibre psychologique et 57 % évoquant la fatigue mentale ou les troubles du sommeil comme freins à leur performance. L’isolement accru lié aux nouvelles organisations du travail accentue également les risques de bore out et de blur out, renforçant la nécessité d’interventions durables en matière de santé mentale au sein des entreprises.

“Pour 2026, il ne s’agit plus seulement de sensibiliser, mais d’intégrer la santé mentale comme une composante essentielle de la gouvernance RH et de la stratégie d’organisation.”

En 2026, la reconduction de la santé mentale comme Grande Cause nationale offre une opportunité stratégique pour les entreprises. L’enjeu n’est plus de mener des campagnes ponctuelles, mais d’établir des politiques RH structurées et pérennes, axées sur la prévention des risques psychosociaux. Selon le Baromètre, le déploiement de tels dispositifs permettrait de réduire de 14 % le risque d’absentéisme, de 21 % celui du turnover lié à la santé mentale, tout en augmentant la productivité de 8 %. La question pour les RH n’est plus de savoir s’il faut agir, mais comment agir de façon efficace et durable pour préserver le bien-être de leurs collaborateurs.

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