En 2025, le paysage des ressources humaines est marqué par un paradoxe saisissant. D’un côté, leur rôle stratégique n’a jamais été aussi reconnu, avec une valorisation renforcée des compétences et une hausse significative des salaires. De l’autre, les professionnels RH font face à une fatigue grandissante, une perte de reconnaissance informelle et un taux d’épuisement qui ne cesse d’augmenter. Si leur contribution est aujourd’hui essentielle pour piloter la transformation des entreprises face aux enjeux du digital, de l’IA et des crises sociales, leur propre bien-être est de plus en plus fragilisé.
Selon le Baromètre 2025 de teale, près de 38 % des RH envisagent de quitter leur poste pour préserver leur santé mentale, une augmentation notable par rapport à l’année précédente. Cette déconnexion entre la considération stratégique croissante de leur métier et le déploiement d’un épuisement physique et psychologique révèle un défi majeur. Pourtant, malgré cette tension, la majorité des RH reste attachée à leur vocation : 53 % d’entre eux déclarent exercer le métier de leurs rêves, même si cette satisfaction n’est pas toujours associée à un épanouissement quotidien. La reconnaissance financière, illustrée par une hausse de près de 6 % des salaires en 2025, constitue une étape positive, mais elle ne compense pas entièrement le sentiment d’épuisement et d’isolement croissant dans la fonction.
Les RH oscillent entre fierté et épuisement, leur rôle devenant un équilibre fragile à réinventer.
Le rôle stratégique des RH est cependant désormais solidement reconnu, comme en témoigne la croissance des salaires, la plus importante dans le secteur en 2025. Malgré cette valorisation économique, le moral n’est pas au beau fixe : 73 % des professionnels interrogés estiment encore leur mission importante, mais ce sentiment est en recul, tout comme la qualité de leurs relations professionnelles, mordant de 87 % à 73 %. La digitalisation et l’isolement qu’elle engendre fragilisent les échanges informels, éléments pourtant fondamentaux pour leur épanouissement. Néanmoins, l’assertivité progresse, avec 73 % des RH oser exprimer leurs limites, un signe fort d’une tentative de gestion plus saine de leurs responsabilités.
En matière de gestion du climat social, 2025 a été marqué par un défi majeur : l’engagement des collaborateurs est en baisse, tandis que l’absentéisme reste élevé, avec une moyenne de 5,1 %. Les troubles psychosociaux représentent désormais 36 % des arrêts maladie, obligeant les RH à renforcer leurs dispositifs de prévention, à déployer des cellules d’écoute ou des programmes de santé mentale. Par ailleurs, la gestion des congés a été une source de complexité persistante, avec encore des erreurs de suivi et une législation en constante évolution. La digitalisation offre une solution pour réduire les litiges, mais la vigilance juridique et la communication restent essentielles. La gestion des congés n’est désormais plus une simple formalité : elle constitue un levier stratégique pour la performance et la confiance au sein des équipes.
Les avancées technologiques, notamment l’intelligence artificielle, positionnent la RH comme un acteur clé de la performance en 2025. Selon PwC, 64 % des responsables RH considèrent l’IA comme un levier d’amélioration de la productivité, notamment dans le recrutement et la gestion des talents. Ces outils permettent de gagner du temps, d’améliorer la qualité de la sélection, tout en offrant une meilleure vision des risques de turnover et d’engagement. Cependant, l’utilisation de l’IA doit respecter une sobriété éthique stricte, encadrée par la législation, notamment avec l’entrée en vigueur de l’IA Act en août dernier. Bien utilisée, l’IA offre un potentiel pour allier efficacité et confiance, renforçant la position stratégique des RH dans l’entreprise.
