En juin 2025, l’inflation en France atteignait +1 % sur un an selon l’Insee, ce qui a relancé le débat sur la nécessité de revaloriser les salaires, notamment dans le secteur des ressources humaines. La question est de savoir si ces professionnels, en première ligne dans la gestion des politiques salariales et des négociations annuelles, ont eux aussi bénéficié d’une augmentation conforme à cette inflation. Une enquête menée par Culture RH en août 2025, portant sur plus de 1000 professionnels du secteur, offre un éclairage précis sur cette problématique.
Les résultats de cette étude dévoilent une situation contrastée : près de 44 % des répondants déclarent ne pas avoir bénéficié d’augmentation de salaire en 2025, tandis que 6 % ont reçu une revalorisation inférieure à 1 %, en dessous du taux d’inflation. À l’inverse, environ 41 % ont bénéficié d’une augmentation équivalente ou supérieure à 1 %, permettant d’au moins maintenir leur pouvoir d’achat. Ces chiffres indiquent donc que, malgré la stabilité globale du pouvoir d’achat, une part importante des professionnels RH a vu sa rémunération stagné, ce qui soulève des questions sur la reconnaissance salariale dans cette fonction essentielle.
La majorité des RH ont connu une stagnation de leur salaire en 2025, révélant un décalage entre la gestion des politiques de rémunération et leur propre reconnaissance financière.
Analyse par fonction, les différences sont significatives. Chez les postes à responsabilité, tels que les DRH et RRH, une majorité a été au moins augmentée au niveau de l’inflation : 45 % dans chaque cas, contre une proportion similaire non revalorisée (42 % pour les DRH et 43 % pour les RRH). À l’inverse, les fonctions plus opérationnelles ou de soutien, comme les Assistant·es RH, les Chargé·es de mission ou encore les Gestionnaires de paie, ont connu des taux d’absence d’augmentation bien plus élevés, dépassant souvent les 50 %. Par exemple, 54 % des Assistant·es RH n’ont pas été augmentés, tandis que seuls 28 % ont bénéficié d’une hausse supérieure ou égale à 1 %.
Ces résultats questionnent sur l’évolution du pouvoir d’achat des professionnels RH. Si l’année 2025 a marqué un ralentissement de l’inflation, la stagnation de nombreux revenus réels met en lumière une certaine précarité dans la reconnaissance salariale. La majorité des professionnels ayant reçu une augmentation ont vu leur rémunération au moins suivre l’inflation, évitant ainsi une érosion de leur pouvoir d’achat. Toutefois, pour la part qui n’a pas été revalorisée, la stabilité apparentée à la stagnation amplifie une sensation d’insuffisance face aux enjeux de reconnaissance et de valorisation par l’employeur.
En définitive, ces chiffres illustrent que, si 2025 apparaît comme une année de stabilité, la réalité reste contrastée selon la fonction et le niveau de responsabilité. La transparence et l’équité salariale sont amenées à devenir des enjeux majeurs en 2026, avec l’entrée en vigueur de nouvelles obligations européennes, notamment le seuil d’alerte à 5 % et le droit à l’information des salariés. Préparer ces changements imposera aux entreprises une série d’étapes essentielles, du recueil des données à la mise en place d’un plan d’actions correctives. Pour accompagner ces enjeux, Culture RH propose un guide complet à télécharger [ici](https://www.culture-rh.com/).
