Un rapport publié en janvier par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) examine en détail le modèle du Centre de Formation d’Apprentis (CFA) Iscod, une référence dans la filière Edtech de l’apprentissage à distance. Bien que le rapport souligne certaines fragilités organisationnelles, il n’a détecté ni fraude ni manquement au Code du travail, apportant un éclairage précis dans un contexte où la régulation des CFA digitaux fait l’objet de vives discussions.
Depuis la réforme de 2018, le paysage de la formation professionnelle a connu une transformation majeure avec l’ouverture à une plus grande diversification. Les acteurs historiques cohabitent désormais avec de nouveaux centres, notamment ceux intégrant des modèles 100 % digitaux, souvent liés à des entreprises du secteur Edtech. La croissance rapide de ces nouveaux acteurs, amplifiée par la crise sanitaire, a suscité des interrogations légitimes sur leur stabilité, leur modèle économique, ainsi que sur la qualité de leurs prestations financées en partie par des fonds publics ou mutualisés.
Le rapport de l’Igas met en lumière des fragilités organisationnelles, mais confirme l’absence d’infractions dans le modèle du CFA Iscod.
En étudiant plus précisément le modèle d’Iscod, l’IGAS a identifié 18 recommandations destinées à renforcer la gouvernance, la gestion des ressources et la qualité des formations. Ces propositions visent à assurer une meilleure transparence et un meilleur pilotage, tout en maintenant l’attractivité d’un secteur en pleine expansion mais encore en quête de crédibilité et de régulation optimale. La vigilance reste de mise, notamment pour prévenir tout dérapage pouvant affecter la confiance des apprenants et des financeurs publics.
Ce contexte de régulation renforcée montre que, malgré les défis, le secteur des CFA digitaux ne serait pas pour autant entaché de fraudes ou d’abus, mais nécessite des contrôles plus structurés. Le rapport de l’Igas, tout en étant critique sur certaines pratiques, affirme que la croissance de ces nouvelles formes de formation doit s’effectuer dans un cadre clair, garantissant à la fois la légalité et la qualité des parcours. La transparence et la responsabilisation des acteurs seront, à terme, cruciales pour consolider la légitimité de ces modèles innovants.
