Les dispositifs d’aide à l’embauche d’apprentis connaissent une nouvelle étape de rationalisation en 2026, avec des montants qui se voient revus à la baisse selon le niveau de diplôme et la taille de l’entreprise. Après une révision partielle en 2025, ces ajustements ont pour but de mieux cibler les ressources publiques, tout en maintenant un soutien pour certains profils spécifiques. Les entreprises, notamment celles de moins de 250 salariés, devront désormais composer avec un système plus complexe et différencié dans leurs stratégies de recrutement en apprentissage.
Concrètement, l’aide unique de 5 000 euros pour l’embauche d’un apprenti, instaurée en 2025, sera appliquée exclusivement aux PME recrutant pour un diplôme jusqu’au niveau baccalauréat (bac +2 dans les Outre-mer), pour les contrats à partir du 1er janvier 2026. Ce dispositif, versé uniquement la première année du contrat, accentue la différenciation entre les entreprises selon leur taille. Par ailleurs, les aides pour les niveaux supérieurs, tels que les BTS, licences, ou diplômes d’ingénieur, seront également revues à la baisse, modifiant ainsi la dynamique de recrutement dans ces secteurs.
Les nouvelles aides incitent désormais à une approche plus stratégique du recrutement d’apprentis, avec un recentrage sur certains niveaux de qualification et une gestion plus fine des coûts.
Pour les diplômes liés au supérieur, la baisse concerne principalement les grandes entreprises, qui percevront désormais entre 750 et 1 500 euros selon le niveau du diplôme, contre des aides antérieures plus élevées. Les PME conservent un montant plus attractif, comme 2 000 euros pour les licences et masters, mais ces montants restent inférieurs à ceux d’avant 2025. La réduction la plus notable concerne les diplômes d’ingénieur, où l’aide peut être limitée à 750 euros chez les grandes entreprises, soit une diminution significative.
Cette évolution marque une rupture avec la logique antérieure, qui limitait la variabilité de l’aide en fonction de la taille ou du diplôme. Désormais, les ressources allouées à l’apprentissage seront plus dispersées et pèseront davantage sur la planification financière des ressources humaines. Le décret, dont la date d’entrée en application n’est pas encore connue, s’appliquerait aux contrats conclus à partir de sa publication, imposant aux entreprises une adaptation immédiate à ces nouvelles règles.
En termes d’impact, ces ajustements réduisent la manne financière disponible pour stimuler l’embauche dans certains secteurs, ce qui pourrait ralentir la croissance du nombre d’apprentis observée ces dernières années. Depuis 2017, la hausse du nombre d’apprentis a été soutenue par des aides plus généreuses, notamment pour les formations supérieures. La moindre attractivité financière pourrait contraindre les entreprises à mieux arbitrer entre embauches, contrats de professionnalisation ou stagiaires, dans un contexte de contrainte budgétaire accrue pour les RH.
