RH : leur légitimité progresse, mais pas leur rôle dans les carrières

Selon la dernière étude réalisée par l’Apec et l’ANDRH, la perception des ressources humaines par les cadres s’améliore de manière continue, témoignant d’une reconnaissance croissante de leur efficacité opérationnelle. En 2026, 64 % des cadres déclarent être satisfaits de la fonction RH dans leur entreprise, soit une hausse de 6 points par rapport à 2022. Chez les managers, cette satisfaction atteint même 70 %, enregistrant une progression de 9 points en quatre ans. Ces résultats traduisent notamment la réussite des investissements réalisés dans l’optimisation des processus et des outils RH, rendant des démarches telles que les demandes de congés payés, les entretiens annuels ou la gestion de la formation plus fluides et efficaces.

Les équipes RH bénéficient aujourd’hui d’une forte reconnaissance de leur capacité à gérer efficacement les missions administratives. En effet, 86 % des cadres estiment qu’elles remplissent convenablement leurs fonctions dans ce domaine, ce qui renforce la confiance dans leur rôle opérationnel et leur fiabilité pour accompagner les collaborateurs au quotidien. Les échanges autour de sujets tels que l’organisation du travail, la qualité de vie au travail ou encore les enjeux réglementaires sont particulièrement appréciés par les managers, ce qui témoigne d’un climat de collaboration renforcé entre les différentes entités RH et opérationnelles. Par ailleurs, la politique de recrutement s’avère également un point fort, avec deux tiers des cadres trouvant leur gestion efficace, et 71 % étant satisfaits des interactions avec les RH lors des recrutements.

La reconnaissance des RH pour leur efficacité administrative ne doit pas masquer les défis à relever pour enrichir leur rôle stratégique dans la gestion de carrière.

Cependant, cette appréciation positive masque une réalité plus nuancée. Si les ressources humaines sont largement reconnues pour leur efficacité administrative, leur rôle dans l’accompagnement à l’évolution professionnelle reste encore peu incarné. L’étude montre que 82 % des cadres perçoivent principalement leur service RH comme un service administratif, et seulement 54 % se tournent vers eux pour discuter de leur développement de carrière ou de leur mobilité interne. Cet écart souligne que, malgré une légitimité accrue, leur rôle dans la gestion stratégique des carrières ne bénéficie pas encore de l’attention qu’il mérite. Les attentes des collaborateurs en matière d’accompagnement personnalisé et de développement des compétences restent donc insatisfaites, ce qui représente un enjeu crucial pour fidéliser les talents dans un contexte de transformation rapide des métiers.

Les managers, quant à eux, commencent à ouvrir la voie vers une évolution de cette perception. Selon le baromètre, 59 % d’entre eux considèrent que les RH leur sont utiles pour leur propre évolution professionnelle, et 60 % voient en elles un soutien au développement de leurs compétences. Cette confiance accrue pourrait favoriser une transformation des pratiques, en faisant des RH de véritables partenaires stratégiques de carrière. Le défi consiste désormais à faire passer cette légitimité opérationnelle à un rôle plus stratégique, en renforçant la relation de confiance autour des projets professionnels et des parcours individuels, afin de répondre aux nouveaux enjeux de fidélisation et de développement des talents.

Partagez cet article
article précédent

Avant l’été : 5 automatisations que les RH peuvent enfin s’offrir

article suivant

LMS capacitants : des clés de conception – Centre Inffo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire plus d'articles