Selon une étude publiée jeudi par la Dares, le service statistique du ministère du Travail, plus d’un étudiant sur deux, hors alternants et stagiaires, occupe un emploi en parallèle de ses études. En 2022-2023, 52% des étudiants dans des cursus sans parcours professionnel intégré ont exercé une activité salariée, principalement en CDD, CDI ou en missions d’intérim, sans lien direct avec leur formation. Cette proportion, qui traduit une forte mise à contribution des jeunes dans le marché du travail, montre que le phénomène est bien ancré dans la vie étudiante française.
Les jeunes âgés de 18 à 20 ans sont les plus concernés par cette activité salariée, avec jusqu’à 60% des étudiants de 19 ans qui ont un emploi. La tendance diminue avec l’âge : 43% des étudiants de 24 ans et seulement 35% pour ceux de 30 ans travaillent parallèlement à leurs études. L’étude met également en lumière la décroissance de l’activité salariée au fur et à mesure de l’avancement dans le cursus, passant de 58% en première année à 41% en master ou équivalent, en partie en raison de la recrudescence des stages rémunérés au niveau master.
Les étudiants en sciences sociales et en sport travaillent davantage que ceux en sciences exactes, notamment en raison des différences dans la nature et la durée des stages et des emplois proposés.
Une distinction notable apparaît aussi selon les disciplines : 46% des étudiants en sciences ont une activité salariée, contre 62% en lettres et sciences humaines, et jusqu’à 78% pour ceux de la filière universitaire sportive Staps. La période estivale demeure la période phare pour l’emploi étudiant, avec un tiers d’entre eux travaillant uniquement durant l’été, entre juin et septembre. En dehors de cette période, 31% des étudiants occupent un emploi pendant au moins six mois, et 12% toute l’année, souvent à travers des contrats renouvelés ou cumulés.
Le secteur tertiaire, comprenant le commerce, les services non marchands (administrations, enseignement, santé) ainsi que l’hébergement-restauration, reste la principale source d’emploi pour ces jeunes travailleurs. Face à cette réalité, le gouvernement a récemment annoncé un plan interministériel visant à favoriser l’insertion professionnelle des jeunes. Ce plan entend notamment encourager les employeurs à s’engager pour des « jobs étudiants de qualité », compatibles avec le rythme et les exigences des études, dans le but de mieux soutenir la jeunesse face aux défis du marché du travail.
